Un nouveau regard sur les Juifs 

Au cours des deux dernières réflexions, nous avons constaté une fois de plus avec douleur que les Juifs n’ont pas trouvé de chemin naturel vers la reconnaissance de Jésus comme Messie. Le fait que le passage — ou plutôt l’aboutissement du chemin parcouru jusqu’alors dans la suite du Fils de Dieu — n’était pas seulement possible, mais s’est effectivement produit, s’est manifesté chez les apôtres du Seigneur et chez ceux qui étaient parvenus à la foi. Cela est apparu particulièrement clairement chez saint Paul, issu des cercles érudits du judaïsme, qui a vécu Sa conversion et Son illumination comme une grande grâce. Dieu était à l’œuvre avec autorité et confirmait Son Fils par des signes et des miracles. Mais comme cela n’était pas reconnu et que, au contraire, l’éloignement ne cessait de croître, il n’y avait plus de chemin commun. La conséquence fut l’exclusion des confessants du Messie après la destruction du Temple en l’an 70 après J.-C. et la réorganisation du judaïsme.

Aussi triste que cela puisse être, cette séparation était sans doute inévitable, car la reconnaissance du Fils de Dieu comme Messie a été — et restera — le moment décisif qui ouvre la porte de la grâce à l’humanité. La réponse, qui consiste à Le suivre, est le moment décisif pour que la grâce que le Fils de Dieu a apportée sur terre puisse atteindre les hommes.

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« PARENTÉ SACRÉE »  

«Tous peuvent devenir frères et sœurs sils croient en Moi.» (Parole intérieure)

Il s’agit ici de cette parenté dont parle également notre Seigneur dans l’Évangile :

«Quelquun lui dit : Voici votre mère et vos frères qui sont là dehors, et ils cherchent à vous parler. Jésus répondit à lhomme qui lui disait cela : Qui est ma mère et qui sont mes frères ? Et, étendant la main vers ses disciples, il dit : „Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.“» (Mt 12,47–50)

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« LE REGARD AIMANT »  

« Regarde-moi comme Je te regarde » (Parole intérieure)

C’est l’invitation aimante de notre Père céleste à un cheminement intime à travers cette vie terrestre. Quelle tendresse nous rencontre dans cette parole ! Le regard du Père sur nous, les hommes, est plein d’un amour attentif à nos besoins physiques et spirituels. L’amour de Dieu nous précède toujours, car Il nous a déjà regardés avant même que nous soyons dans le sein de notre mère :

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La douleur de Paul pour ses frères et l’exclusion des chrétiens d’origine juive de la synagogue !

Nous avons, dans la réflexion d’hier, porté notre regard sur l’Église, sur la manière dont elle a pu – malgré toutes les résistances – se répandre, et nous avons entendu la louange de saint Irénée, qui célébrait l’unité de la doctrine dans l’Église et soulignait que la lumière de Dieu lui avait été confiée, afin qu’elle éclaire désormais les peuples. Le passage cité de son écrit se terminait par ces belles paroles : « Partout l’Église prêche la vérité ; elle est le chandelier à sept branches qui porte la lumière du Christ. »

À la fin du texte, le regard s’est de nouveau porté sur les Juifs. J’ai exprimé l’espoir qu’ils reconnaissent encore le Messie – et il faut ajouter : après d’innombrables souffrances au cours de leur histoire. Ce serait une bénédiction pour tous ! C’est ainsi que j’ai conclu la méditation d’hier. Par cette déclaration, je me réfère à une parole de l’Apôtre des nations, Paul, que nous devrions sans cesse garder en mémoire.

« Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par l’Esprit-Saint : j’éprouve une grande tristesse et j’ai au cœur une douleur incessante. Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel est au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement. Amen ! » (Rm 9,1‑5)

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« DIEU TRANSPERCE LE DRAGON »

« N’est-ce pas toi qui taillas en pièces Rahab, qui transperças le dragon ?» (Is 51,9)

Père bien-aimé, il ne nous est pas toujours facile de comprendre pourquoi le mal existe, pourquoi il y a tant de destruction, d’immenses souffrances, des guerres absurdes et des êtres spirituels maléfiques qui vivent en rébellion contre Toi. Ils ont quitté la communion avec Toi et veulent nous entraîner, nous les humains, dans leur égarement.

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L’Église comme maîtresse des nations

D’un point de vue liturgique, nous sommes encore dans le temps où le Seigneur Jésus ressuscité demeure auprès de ses disciples afin de les affermir dans la foi en sa résurrection et de les préparer à la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte. Nous comprenons la Pentecôte comme le jour de la fondation de l’Église, qui, selon notre foi, est le Corps du Christ, fondée sur le fondement des prophètes et de ses apôtres. Elle est cet Israël qui a reconnu en lui le Messie promis, venu pour racheter son peuple. Tous ceux qui reconnurent l’heure du salut et accueillirent la grâce de Dieu entrèrent au service du Rédempteur et devinrent ainsi des témoins du Christ.

Il nous reste encore trente jours jusqu’à la fête de la Pentecôte, durant lesquels il convient d’insérer quelques considérations sur l’Église : l’unique, sainte et catholique Église, issue des Juifs et des païens, et appelée à travers les siècles à transmettre le salut dans le Christ en tant que maîtresse des nations.

Dieu a mis en marche une grande œuvre pour conduire des hommes de tous les peuples à la foi, les rassembler ainsi et les appeler à entrer dans son Royaume. Ce fut son Fils ressuscité qui donna à ses disciples en Galilée — comme nous l’entendons dans l’Évangile — l’ordre suivant :

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Complément sur saint Georges

La méditation d’hier nous a fait découvrir l’histoire de saint Georges telle que la relate la Legenda Aurea. Il a sauvé la princesse qui devait être sacrifiée à un dragon, dans la force du Seigneur. Ensuite, la population, libérée du dragon, s’est tournée vers la foi chrétienne. Ma méditation s’est terminée par cette phrase :

Cette histoire soulève la question suivante: qu’en est-il aujourd’hui de ce monde qui se détourne toujours davantage du Christ? Ce dragon exerce-t-il à nouveau sa domination sur l’humanité par divers moyens?

C’est cette question qu’il convient d’examiner aujourd’hui. Quiconque a des yeux pour voir ne peut manquer de constater que le monde est sous une forte influence du mal et donc dans une dépendance à l’égard du dragon. Dans l’histoire de saint Georges, cette dépendance des hommes a nécessité la libération par le Christ.

Le dragon, qui représente la puissance du mal, est clairement désigné dans l’Écriture. Dans l’Apocalypse, il est dit :

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