L’Église comme maîtresse des nations

D’un point de vue liturgique, nous sommes encore dans le temps où le Seigneur Jésus ressuscité demeure auprès de ses disciples afin de les affermir dans la foi en sa résurrection et de les préparer à la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte. Nous comprenons la Pentecôte comme le jour de la fondation de l’Église, qui, selon notre foi, est le Corps du Christ, fondée sur le fondement des prophètes et de ses apôtres. Elle est cet Israël qui a reconnu en lui le Messie promis, venu pour racheter son peuple. Tous ceux qui reconnurent l’heure du salut et accueillirent la grâce de Dieu entrèrent au service du Rédempteur et devinrent ainsi des témoins du Christ.

Il nous reste encore trente jours jusqu’à la fête de la Pentecôte, durant lesquels il convient d’insérer quelques considérations sur l’Église : l’unique, sainte et catholique Église, issue des Juifs et des païens, et appelée à travers les siècles à transmettre le salut dans le Christ en tant que maîtresse des nations.

Dieu a mis en marche une grande œuvre pour conduire des hommes de tous les peuples à la foi, les rassembler ainsi et les appeler à entrer dans son Royaume. Ce fut son Fils ressuscité qui donna à ses disciples en Galilée — comme nous l’entendons dans l’Évangile — l’ordre suivant :

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Complément sur saint Georges

La méditation d’hier nous a fait découvrir l’histoire de saint Georges telle que la relate la Legenda Aurea. Il a sauvé la princesse qui devait être sacrifiée à un dragon, dans la force du Seigneur. Ensuite, la population, libérée du dragon, s’est tournée vers la foi chrétienne. Ma méditation s’est terminée par cette phrase :

Cette histoire soulève la question suivante: qu’en est-il aujourd’hui de ce monde qui se détourne toujours davantage du Christ? Ce dragon exerce-t-il à nouveau sa domination sur l’humanité par divers moyens?

C’est cette question qu’il convient d’examiner aujourd’hui. Quiconque a des yeux pour voir ne peut manquer de constater que le monde est sous une forte influence du mal et donc dans une dépendance à l’égard du dragon. Dans l’histoire de saint Georges, cette dépendance des hommes a nécessité la libération par le Christ.

Le dragon, qui représente la puissance du mal, est clairement désigné dans l’Écriture. Dans l’Apocalypse, il est dit :

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« AVANCE ! »

« Avance, examine toujours tout en moi et avance ! » (Parole intérieure)

Notre Père veut que nous parcourions consciemment le chemin vers l’éternité et que nous grandissions ainsi dans la foi, l’espérance et l’amour. Pour cela, Dieu nous en donne chaque jour la possibilité. Lorsque nous comprenons cela et que nous le mettons en pratique, beaucoup de choses se transforment. L’éternité n’est alors plus une réalité lointaine et indéfinie à laquelle nous pensons à peine, voire pas du tout. Au contraire : plus nous en prenons conscience et plus notre cœur commence à la désirer, plus elle s’impose dans notre réalité quotidienne. Elle nous apprend à accomplir la tâche qui nous est confiée avec une plus grande attention. Cela nous rend plus prudents et aussi plus déterminés, et nous renonçons plus facilement aux choses qui ne sont pas si importantes pour nous concentrer davantage sur l’essentiel

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Saint Georges : le vainqueur du dragon et martyr – vers 280 en Cappadoce – † 305 à Lydda

 

Il existe sans doute peu de saints aussi connus et entourés d’autant d’histoires et de légendes que saint Georges, que nous célébrons aujourd’hui. Il est hautement vénéré dans la chrétienté et souvent représenté dans les peintures comme le tueur de dragon. Concernant la mise à mort du dragon, la légende suivante s’est formée autour de lui ; je la reprends sous forme abrégée de la Legenda Aurea de Jacques de Voragine :

«Georges, le chevalier (né d’une famille cappadocienne), arriva un jour en Libye, dans la ville de Silena. Près de la ville se trouvait un lac aussi vaste qu’une mer, dans lequel vivait un dragon venimeux qui avait déjà maintes fois mis tout le peuple en fuite lorsqu’il s’était levé en armes contre lui. Il s’approchait jusque sous les murs de la ville et empoisonnait tout de son souffle toxique. Les habitants de la ville — encore païens — lui sacrifiaient chaque jour deux moutons. Lorsque le nombre de moutons diminua toujours davantage, on en vint à sacrifier également des êtres humains, et l’on tira au sort pour désigner la victime. Le sort tomba aussi sur la fille du roi. Profondément bouleversé, celui-ci ne put la protéger, car le peuple le menaça de brûler sa maison et lui-même s’il ne respectait pas la loi qu’il avait lui-même édictée.»

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« L’ÉCOLE DE LA MALADIE »

«Dans la maladie, on apprend beaucoup, si on le veut.» (Frère Conrad de Parzham)

Les Pères spirituels – dont fait assurément partie Frère Conrad de Parzham – nous montrent toujours comment nous pouvons grandir sur notre chemin spirituel. Lorsque notre Père permet une croix – et une maladie est une telle croix –, c’est généralement, pour les croyants, une occasion de grandir et de mûrir. Outre le fait que cela puisse également comporter une dimension d’expiation, en particulier pour les nombreuses offenses commises contre Dieu et les hommes, notre Père veut que nous apprenions quelque chose d’important.

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Saint Frère Conrad de Parzham (II) : « L’intimité avec Dieu »

Hier, nous avons certainement été émerveillés par saint Conrad, dont la vie a été si féconde et qui a accompli son service de portier, certainement éprouvant, pendant quarante et un ans, jusqu’à trois jours avant la fin de sa vie. Grâce à lui, les pèlerins venant à Altötting ont pu faire l’expérience d’une grande proximité avec Dieu. Frère Conrad nous a lui-même fait part de certains aspects de son « secret d’amour », qui l’a si intimement uni à Dieu.

C’est une chose d’admirer avec gratitude une telle vie et d’en louer le Seigneur. C’en est une autre de remercier le saint lui-même d’avoir si bien écouté notre Père céleste et d’avoir servi Dieu et les hommes. Il est également utile de lui demander de prier pour notre cheminement à la suite du Christ. Mais nous pouvons aller encore plus loin. Comment faire en sorte que la vie des saints soit féconde pour nous ?

Il s’agit sans doute de trouver aussi la source dont frère Conrad a été abondamment comblé, de sorte que des flots d’eau vive ont jailli de lui dans ce monde. Le saint exprime très simplement, avec sa gentillesse habituelle, comment nous devrions vivre :

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