Jour 21: « Disposition au pardon »

Après cette petite digression sur un chemin menant à une conversion plus profonde du cœur, je reviens aux textes de l’ancien rite qui nous accompagnent pendant ce cheminement de Carême. Mais avant cela, je voudrais partager avec vous une préoccupation qui me tient à cœur. Il s’agit d’une prière que j’ai écrite afin de donner une expression extérieure à la recherche de la paix véritable. Je serais reconnaissant si de nombreuses personnes qui écoutent mes discours se joignaient à cette prière et la récitaient avec nous :

Père bien‑aimé, nous te demandons la paix qui vient de ton cœur, qui touche et transforme le cœur des hommes, afin que ton royaume s’étende sur toute la terre. Nous te le demandons par le Christ, notre Seigneur. Amen.

Dans le texte des lectures d’aujourd’hui (Mt 18, 15‑22), je voudrais choisir un passage court mais très significatif de l’Évangile. Il dit : «Alors Pierre, s’approchant de lui, dit : “Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai‑je? Sera‑ce jusqu’à sept fois?” Jésus lui dit : “Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.” » (Mt 18, 21‑22)

Il est ici question du grand miracle de la disposition de Dieu à pardonner, dont nous vivons tous et sans lequel nous ne pouvons atteindre notre but éternel. En réalité, il est inimaginable que notre Père céleste soit prêt à pardonner les fautes des hommes, alors qu’il existe des abîmes terribles de culpabilité ! N’oublions pas que c’est le meurtre du Fils de Dieu qu’il assume pour notre salut.

Dans le petit livre de Mère Eugénie[1], que je recommande vivement pour la lecture et la méditation, on trouve un aperçu profond du cœur de Dieu. Il y est dit :

« Mon Amour pour ces hommes, mes enfants, ne s’est point arrêté cependant. Toutefois, lorque J’eus bien constaté que ni les Patriarches, ni les Prophètes, n’avaient pu Me faire connaître et aimer des hommes, j’ai résolu d’aller Moi-Même. Mais, comment faire pour Me trouver au milieu des hommes ? Il n’y avait pas d’autre moyen que d’aller Moi-Même, dans la deuxième Personne de Ma Divinité. Les hommes Me connaîtront-ils ? M’écouteront-ils ?

Pour moi rien n’était caché dans l’avenir, comme réponse à ces deux questions. Je répondais Moi-Même : “Ils ignoreront Ma présence, tout en étant près de Moi. Dans Mon Fils ils Me maltraiteront, malgré tout le bien qu’IL leur fera. Dans Mon Fils, ils me calomnieront, ils Me crucifieront pour Me faire mourir.

M’arrêterai-Je pour cela ?

Non, Mon Amour est trop grand pour mes enfants, les hommes ! Je ne Me suis pas arrêté là ; mais reconnaissez bien que Je vous ai aimés pour ainsi dire, plus que Mon Fils Bien-Aimé, ou pour mieux dire encore : plus que Moi Même. »

Nous rencontrons ici le mystère de l’amour de Dieu pour nous, les hommes, qui se reflète dans la réponse de Jésus à la question de Pierre. C’est comme une volonté illimitée de pardonner, qui ne peut être entravée que si l’homme s’y refuse et se condamne lui‑même, pour ainsi dire.

Pour nous qui suivons le Seigneur, il est important de prendre conscience de la grandeur de cet amour afin d’éveiller en nous cette volonté de pardonner. Cela n’est possible que par l’amour divin. Il y a ici un lien avec ce que j’ai dit sur le chemin vers la conversion du cœur.

Qu’est‑ce qui pourrait sauver le monde, sinon le pardon de Dieu, qui doit également se manifester dans notre vie ? C’est la source d’une miséricorde débordante que Dieu offre à ce monde, car il ne veut pas la mort du pécheur, mais son salut.

Pierre a peut‑être été surpris par la réponse de Jésus, qui lui dit de toujours pardonner à son frère. Mais dans cette réponse, il rencontre d’une manière particulière l’amour du Sauveur, qui se manifeste ensuite sur la croix pour tous les hommes. Tous les hommes n’ont qu’à venir à lui et ouvrir leur cœur, et alors un rayon de l’amour divin se déversera dans leur cœur.

Le Seigneur rend les choses si faciles pour les hommes, et pourtant, combien d’entre eux passent à côté et ne connaissent pas ce chemin de son amour. L’homme est souvent son propre obstacle à l’acceptation de cette grâce du pardon. Il ne sait pas à quel point Dieu est bon et combien son amour est grand. Disons‑le‑lui !

Que pouvons-nous retenir de la parole d’aujourd’hui ?

Il s’agit de nous laisser purifier dans le bain de l’amour de Dieu, afin que notre cœur puisse accueillir cet amour plus profondément. Certes, le pardon ne peut être efficace   que lorsque l’autre reconnaît sa faute et demande pardon. Mais, tout comme Dieu est toujours prêt à pardonner, notre cœur doit l’être aussi. Il doit garder en lui cette disposition intérieure au pardon. Cela devient possible lorsque l’amour de Dieu a purifié notre cœur.

Il y a cette phrase essentielle dans la prière du Seigneur : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » C’est ce que désire notre Seigneur. Alors son amour peut nous guider sur notre chemin, car si nous ne pardonnons pas, ou si nous ne sommes pas prêts à pardonner, nous bloquons l’amour du Seigneur, qui veut nous purifier et nous combler afin que nous agissions comme lui.

La fleur du jour : un cœur toujours prêt à pardonner !

Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/2022/03/22/

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/2023/08/17/

[1] https://www.fatherspeaks.net/pdf/le_pere_parle_francais_v-2005-05.pdf

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