Jour 38 : « Complot contre Jésus »

La Semaine Sainte approche à grands pas et, par conséquent, notre cheminement de Carême nous propose aujourd’hui le passage de l’Évangile dans lequel les ennemis de Jésus décident de Le tuer (Jn 11,47-54). Il se lit ainsi :

« Les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Car cet homme opère beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire notre ville et notre nation. » (vv. 47-48).

Nous voyons ici les faux prétextes qu’ils avancent, car Jésus, par Sa prédication et Ses œuvres, ne représentait absolument aucune menace pour les Romains. En réalité, ce sont les chefs religieux qui se sentaient menacés et craignaient de perdre leur influence sur le peuple.

La résurrection de Lazare, signe indéniable de l’autorité divine de Jésus, leur était intolérable. Comme ils n’avaient aucun moyen de Le contredire ni de L’accuser d’un quelconque péché — et, par conséquent, d’avoir transgressé la Loi —, ils décidèrent simplement de Le tuer.

Caïphe, grand prêtre cette année-là, était à la tête du Sanhédrin. C’est lui qui prononça ces paroles prophétiques selon lesquelles il valait mieux qu’un seul meure pour le peuple plutôt que tout le peuple périsse (vv. 49-50). L’évangéliste souligne que ces paroles ne viennent pas de lui-même, mais qu’il s’agit d’une inspiration prophétique en vertu de son ministère de grand prêtre (v. 51). Ainsi, il prédit la finalité la plus élevée de la mort de Jésus, que ces mêmes autorités religieuses allaient ensuite provoquer devant le procurateur romain.

Quelle situation tragique !

Dieu atteste par des signes et des miracles indéniables Son Fils, qu’Il a envoyé dans le monde, et ceux qui présidaient le peuple au nom de Dieu commettent le pire crime que l’on puisse imaginer : ils se rendent responsables de la mort de Jésus, venu racheter l’humanité et la ramener dans la maison du Père céleste.

En tant que croyants, nous savons que le Fils de Dieu a volontairement assumé cette mort expiatoire. Ainsi, ce ne sont pas seulement les enfants d’Israël qui recevraient le salut, car, comme le dit l’Évangile, Jésus allait mourir « non seulement pour la nation, mais aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » (v. 52).

Sous la mission du Seigneur ressuscité, l’Évangile sera porté jusqu’aux confins de la terre. Tous les peuples et toutes les nations sont invités à se réconcilier avec Dieu par la mort et la résurrection du Christ, et à recevoir en Lui la vie éternelle. Dieu a accepté la mort de Son Fils bien-aimé comme sacrifice expiatoire et accorde le salut à tous ceux qui croient en Lui. Quelle grâce !

D’un autre côté, quelle tragédie que le traitement que les autorités religieuses ont réservé à Jésus en Son temps ! Quel aveuglement et quelle méchanceté s’en dégagent ! Le rejet de Jésus s’était désormais transformé en une persécution active. Ils Le menaçaient directement de mort.

L’obstination des chefs religieux ne pouvait plus être dissipée. Leur aveuglement à l’égard de Jésus grandissait à chaque parole et à chaque œuvre qu’Il accomplissait.

Telle est la conséquence de se fermer à la vérité. L’aveuglement peut même se transformer en une « cécité volontaire », qui obscurcit de plus en plus la personne jusqu’au point où elle ne veut même plus connaître la vérité. Une fois ce stade atteint, l’endurcissement est total et il n’y a plus d’issue à cet état, à moins que Dieu n’en délivre la personne par une grâce spéciale.

Le problème de la « cécité volontaire » a de graves conséquences. Il peut aller jusqu’à refuser de voir la vérité et de se laisser instruire par elle. Ainsi, à la longue, on s’enfonce dans une « vérité que l’on se forge soi-même » et on y reste prisonnier. Cela se manifeste tout particulièrement dans le cas des pharisiens, qui parlaient d’un prétendu danger que Jésus représenterait pour tout le peuple d’Israël face aux Romains. C’est comme s’ils recouraient à leur propre tromperie pour justifier leurs actes malveillants. Malheureusement, c’est une manière d’agir courante chez toutes sortes d’autorités, qui tombent dans certaines illusions et se laissent ensuite guider par elles, par leurs propres idées et prétextes inventés, au lieu de se conformer à la réalité objective.

Dans ce contexte, je voudrais souligner à nouveau l’importance de nous attacher fermement et sans condition à la doctrine authentique de l’Église et au message de l’Évangile. C’est à partir de là que nous recevons les directives pour appliquer la doctrine de manière pastorale dans des cas concrets. En revanche, si nous cessons de nous conformer à la vérité objective, nous commencerons à nous fonder sur nos propres conceptions et désirs humains, et nous tomberons dans une cécité qui ne cessera de s’étendre.

Jésus, quant à Lui, se retire avec Ses disciples dans la ville d’Éphraïm, près du désert. À partir de la décision du Sanhédrin de Le mettre à mort, le Seigneur ne se présente plus en public parmi les Juifs jusqu’à ce que l’heure soit venue.

Mais Son heure est déjà très proche ! Il reste peu de temps au Seigneur avant de boire la coupe jusqu’à la dernière goutte. Sachant ce qui L’attend, Jésus montera en toute conscience à Jérusalem pour aller à la rencontre de « Son heure » : cette heure de ténèbres suprêmes que Dieu transformera en la lumière la plus éclatante.

Le fruit de la méditation d’aujourd’hui est de vivre dans la vérité et de ne pas nous laisser aveugler.

Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/dieu-voit-les-entrailles-et-le-coeur/

Download PDF