Saint Cuthbert Mayne: Martyr du catholicisme dans l’Angleterre anglicane

Une grande tribulation s’abattit sur les fidèles d’Angleterre et du Pays de Galles lorsque le roi Henri VIII se sépara de l’autorité de Rome en 1531 et fonda la « Church of England » (Église d’Angleterre). La situation empira encore sous le règne Élisabeth la Première. Les catholiques étaient traités et persécutés comme des ennemis de l’État. Il n’y avait plus d’évêques catholiques ; il n’était donc plus possible d’ordonner de nouveaux prêtres. L’Église catholique, qui avait occupé une place importante en Angleterre, semblait sur le point de disparaître. Mais Dieu ne permit pas que cela se produise.

Un prêtre qui avait dû fuir l’Angleterre, William Allen, réussit à fonder un séminaire à Douai (France) pour former des prêtres qui, une fois ordonnés, seraient envoyés comme missionnaires en Angleterre. Les vocations devaient être solides, car dans leur pays d’origine, la persécution et la mort les attendaient. William Allen lui-même écrivit plusieurs livres pour défendre la vraie foi.

Le premier martyr du séminaire de Douai fut le saint d’aujourd’hui : Cuthbert Mayne. Dans le passé, il avait été ministre anglican, mais il rencontra des jeunes qui le convainquirent de la foi catholique et il se convertit. Parmi eux se trouvait le bienheureux Edmund Campion. L’une des lettres que ces jeunes gens écrivirent à Cuthbert tomba entre les mains d’un évêque anglican, qui ordonna leur arrestation. Cuthbert réussit à échapper aux soldats et s’enfuit en France, où il entra au séminaire de Douai. Il y fut ordonné prêtre et renvoyé en Angleterre.

Il ne lui fut accordé qu’un bref laps de temps pour œuvrer au salut des âmes. Un noble fidèle à la foi catholique, Francis Tregian, l’accueillit chez lui. Cuthbert était présenté à l’extérieur comme son intendant, mais en secret, il accomplissait la tâche la plus difficile : celle d’intendant dans la vigne du Seigneur, couverte d’épines. L’année suivante (1577), l’évêque anglican effectua une visite pastorale en Cornouailles et apprit par le juge du comté que la maison de Tregian était un « repaire de rebelles et de désobéissants », et qu’elle abritait probablement même un prêtre. Immédiatement, plusieurs juges et une centaine d’hommes armés furent envoyés pour inspecter la maison de Tregian.

Après avoir trouvé un objet de dévotion catholique dans les vêtements de saint Cuthbert, ils l’arrêtèrent pour « trahison et rébellion ». De plus, parmi ses livres et ses écrits, on trouva une copie de la bulle jubilaire du pape Grégoire XIII de 1575 qui, comme Mayne le déclara plus tard devant le tribunal, était arrivée en Angleterre par hasard parmi ses livres. C’est sur cette bulle et cet objet de dévotion que se fondèrent l’accusation, puis la condamnation pour « haute trahison ».

La cellule dans laquelle le prisonnier fut enfermé était infestée de saleté et de parasites. Elle était si sombre qu’il pouvait à peine voir ses propres mains, et encore moins lire ou écrire.

En violation de toute justice et sur la base de simples suppositions, Cuthbert fut jugé avec onze ou douze de ses connaissances qui avaient été arrêtées avec lui. Pour avoir été en possession d’une bulle papale — bien que celle-ci eût déjà expiré, comme l’a fait valoir Mayne dans sa défense —, il fut déclaré coupable de haute trahison contre la reine et le royaume. Lorsque le verdict fut rendu et qu’il fut condamné à la peine barbare alors appliquée pour haute trahison, le saint l’écouta avec une expression sereine et joyeuse. Les mains levées vers le ciel, il s’écria : «Dieu merci!». Les autres accusés furent privés de leurs terres, fiefs, biens et troupeaux, et condamnés à la prison à perpétuité uniquement parce qu’on pouvait prouver leur absence du culte anglican, qu’ils étaient soupçonnés d’assister à la Sainte Messe et qu’ils « étaient des connaissances de Mayne et que ce qui les unissait était le papisme ».

Le 29 novembre 1577, Cuthbert Mayne fut exécuté conformément au jugement, après avoir subi de graves tourments. Le saint resta ferme. Il était profondément convaincu que la foi catholique était la vraie, et Dieu le dota d’un esprit de force. Il put ainsi rendre un témoignage rayonnant de la vérité du catholicisme.

Ce martyr fut exécuté par des chrétiens qui s’étaient séparés de la Sainte Église et avaient abandonné la communion avec elle. Son martyre nous exhorte à apprécier notre foi catholique et à la défendre contre toute relativisation et distorsion. La véritable unité dans la foi ne peut être atteinte que sur le fondement de la vérité et de la charité ! Toute autre unité apparente ne serait qu’une tromperie !

Saint Cuthbert, prie pour la véritable unité de l’Église et aide-nous à préserver la foi catholique sans la sacrifier au nom d’une fausse unité.

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/2023/12/02/

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