EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « La rétractation de Jeanne » (10e partie)

Jeanne avait résisté aux terribles épreuves des interrogatoires, aux attouchements humiliants des gardes anglais, aux conditions de détention difficiles, ainsi qu’aux tentatives des juges de la condamner pour hérésie. Même la menace de la torture ne l’avait pas fait fléchir. Soutenue par ses saints, elle resta inébranlable et dit à ceux qui la menaçaient de torture : « En vérité, même si vous me brisiez les membres et sépariez mon âme de mon corps, je ne pourrais vous dire autre chose. Et si vous me forciez à parler, je dirais toujours que c’est par la violence que vous m’avez fait parler. »

Alors qu’on la pressait de plus en plus, qu’elle entendait toutes les accusations portées contre elle et qu’on lui demandait sans cesse de se soumettre au jugement de l’Église, elle invoqua Dieu en toutes choses et dit qu’on devait la conduire devant le pape.

Jeanne témoigna : « J’ai demandé conseil à mes voix pour savoir si je devais me soumettre à l’Église, car les ecclésiastiques me pressaient vivement – et elles m’ont répondu que si je voulais que Notre Seigneur m’aide, je devais me confier à Lui en tout. »

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Le procès de la honte » (9e partie)  

À Rouen, les conditions de détention de la jeune fille se durcirent. Alors qu’elle aurait dû être incarcérée dans une prison ecclésiastique surveillée par des femmes, ce sont des soldats anglais qui la gardèrent.

Le prêtre Jean Massieu, de Rouen, décrivit ainsi ses conditions de détention :

« À la fin de son séjour à Rouen, Jeanne était enfermée dans une pièce située à l’étage intermédiaire de la tour, à laquelle on accédait par huit marches. Il y avait là un lit où elle dormait et un gros bloc de bois auquel était fixée une chaîne de fer pour l’enchaîner. Ses pieds étaient entravés. On la ceinturait à l’aide d’un cadenas posé sur le bloc de bois. Cinq Anglais indignes veillaient sur elle. Ils souhaitaient ardemment sa mort et se moquaient d’elle sans relâche. »

Pendant le procès, Jeanne s’en plaignit à maintes reprises et en rendit l’évêque Cauchon responsable. Elle dut également souvent, surtout la nuit, se défendre contre les agressions de ses gardes.

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Un plan diabolique : Jeanne est emmenée à Rouen ! » (8e partie)  

Dès la capture de Jeanne, il fut vite clair ce que les Anglais comptaient faire d’elle. Jeanne n’était pas seulement une prisonnière de marque ; avec elle, la domination militaire anglaise en France avait pris fin. Ils savaient donc très bien ce qui avait causé leurs défaites. Selon eux, c’était une sorcière, une femme sous l’emprise du diable, qui avait provoqué ce revirement en leur défaveur.

Avec la défaite de Jeanne à Paris – telle qu’elle fut interprétée partout –, l’aura de son invincibilité avait disparu aux yeux des adversaires de la Pucelle. Sa capture devant Compiègne ne fit que le confirmer davantage. Moyennant une somme d’argent considérable, les Bourguignons livrèrent Jeanne au roi d’Angleterre. Ce que Jeanne avait redouté se produisit : elle était désormais entre les mains de ses ennemis.

On commença aussitôt à voir clairement comment les Anglais comptaient procéder. Il ne leur suffisait pas de traiter Jeanne comme une prisonnière de guerre : elle devait être condamnée comme sorcière par un tribunal ecclésiastique. Ils entendaient ainsi remettre en cause l’autorité du roi de France. Si l’Église condamnait la Pucelle pour sorcellerie et hérésie, alors tous ses exploits, y compris le couronnement du roi et les victoires des Français, auraient été accomplis avec l’aide du diable. Telle était leur intention.

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Jeanne est faite prisonnière ! » (7e partie)

Après le couronnement de Charles VII à Reims, des pourparlers sont engagés entre le roi et les Bourguignons. Le jour même du couronnement, Jeanne avait écrit à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, au nom de Dieu, pour lui demander : «Que le roi de France et vous-même concluiez une paix solide et durable, qui perdure longtemps. Pardonnez-vous mutuellement de tout cœur, en chrétiens fidèles.»

Elle tenait sincèrement à une paix véritable, tout en mettant en garde le duc contre toute tentative de recourir à la force contre le roi. Elle souhaitait une réconciliation chrétienne et voulait ainsi contribuer à unir les Français, car après la défaite dévastatrice des Français à la bataille d’Azincourt (1415), les Bourguignons s’étaient alliés aux Anglais. Une alliance anglo-bourguignonne vit alors le jour.

Dans la lettre adressée au duc de Bourgogne, l’autorité donnée par Dieu à Jeanne se manifestait une fois de plus. Elle voulait conclure une paix bonne et solide, fondée sur la foi commune. Elle était également consciente de la puissance de l’armée française, qui, grâce à son intervention, avait pris le dessus dans la guerre. Telle était la position de négociation nécessaire pour poursuivre immédiatement l’œuvre que Dieu avait commencée par son intermédiaire. La victoire contre les Anglais et le couronnement de Charles VII qui s’ensuivit étaient des signes que tous auraient pu déchiffrer pour en tirer les bonnes conclusions.

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Le roi sera couronné à Reims » (6e partie)  

Une fois la ville d’Orléans libérée du siège, Jeanne était impatiente d’accomplir sa prochaine prophétie : conduire le roi à Reims pour son couronnement. Ses voix lui avaient fait comprendre qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps pour mener à bien sa mission et qu’il fallait saisir l’occasion. Les Anglais étaient affaiblis, tandis que les soldats français étaient encouragés.

Le comte de Dunois rapporte :

Après la libération d’Orléans, nous nous rendîmes ensemble — la Pucelle, moi-même et d’autres — auprès du roi, qui se trouvait au château de Loches, afin de lui demander de nouvelles troupes pour reconquérir les forteresses et les villes de la Loire, en particulier Meung, Beaugency et Jargeau, afin qu’il puisse à l’avenir opérer en toute sécurité et sans entrave jusqu’à Reims pour son couronnement. Jeanne pressait le roi avec insistance et sans relâche de se dépêcher et le mettait en garde contre toute hésitation. À partir de ce moment, le roi agit avec toute la hâte imaginable et envoya le duc d’Alençon, d’autres chefs de guerre et moi-même — en compagnie de Jeanne — pour prendre ces villes et ces châteaux. Et en effet, ils furent ramenés sous la domination du roi — grâce à l’aide de Jeanne, je pense.

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Jeanne accomplit sa prophétie : Orléans est libérée » (5e partie)

Dès lors, le cours de cette guerre s’inversa en faveur de la couronne française. L’essentiel était accompli : le dauphin Charles VII avait reçu Jeanne et s’était laissé convaincre qu’elle était envoyée par Dieu, et les autorités ecclésiastiques avaient elles aussi donné leur accord. Ainsi Dieu pouvait mener à bien son plan.

L’arrivée de Jeanne à Orléans était non seulement attendue par la population assiégée, mais elle renforça surtout les soldats du roi. La présence de la Pucelle, avec sa confiance inébranlable, fit renaître des forces nouvelles dans l’armée française et la tira de son désespoir.

Jeanne elle-même ne portait aucune arme et ne tua personne ! Mais son courage et sa détermination – rester à la tête de l’armée même dans des situations apparemment désespérées – relevaient sans cesse le moral des soldats. Cela se produisait même lorsque l’entreprise militaire semblait d’abord vouée à l’échec, mais se terminait finalement par une victoire.

Au lieu d’une arme, la Pucelle fit confectionner une bannière, comme le rapporta son confesseur Jean Pasquerel, qui l’accompagna à sa demande jusqu’à sa capture ultérieure à Compiègne. Il raconte :

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EN L’HONNEUR DE SAINTE JEANNE D’ARC: « Charles VII écoute Jeanne » (4e partie)  

C’est avec conviction et courage que Jeanne entreprend le pénible voyage de onze jours vers Chinon. Elle se sait mandatée par Dieu et ne craint donc pas d’être arrêtée. Elle ne cesse d’encourager ses compagnons. Deux d’entre eux témoigneront plus tard de cette chevauchée lors de l’interrogatoire mené dans le cadre du procès en canonisation de la sainte.

Le chevalier Bertrand de Poulengy :

Ce fut une chevauchée passionnante, et Jeanne nous encourageait à ne pas avoir peur, car le noble Dauphin nous accueillerait avec bienveillance une fois arrivés à Chinon ! Et je vous assure que j’étais tout enflammé par Ses paroles, car elle me semblait vraiment envoyée par Dieu ; je n’ai jamais pu voir en elle le moindre mal. Elle était aussi bonne qu’une sainte… C’est ainsi que nous arrivâmes sans encombre à Chinon, où se trouvait le roi, alors encore dauphin (héritier du trône) ; c’est là que nous présentâmes la Pucelle aux nobles et aux partisans du roi.

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