Partie VIII : Mise en garde contre l’influence antichrétienne au sein de l’Église 

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Pour compléter les citations de plusieurs hiérarques qu’on a entendues hier sur l’époque de l’Antéchrist, on va ajouter, d’un point de vue prophétique, un passage tiré des révélations de la Vierge Marie à Don Stefano Gobbi, du Mouvement sacerdotal marial :

« La bête à deux cornes, semblable à un agneau, symbolise la francmaçonnerie infiltrée au sein de l’Église ; c’estàdire la francmaçonnerie ecclésiastique, qui s’est surtout répandue parmi les membres de la hiérarchie. Cette infiltration maçonnique au sein de l’Église t’a déjà été prédite par Moi à Fatima, quand Je t’ai annoncé que Satan s’introduirait jusqu’au sommet de l’Église.

Si le but de la francmaçonnerie est de conduire les âmes à la perdition en les amenant à adorer de fausses divinités, celui de la francmaçonnerie ecclésiastique, en revanche, est de détruire le Christ et son Église, en érigeant une nouvelle idole, c’estàdire un faux Christ et une fausse Église. » (Message du 13 juin 1989, Dongo)

« L’Église connaîtra l’heure de sa plus grande apostasie ; l’homme inique s’introduira dans son intérieur et siègera dans le Temple même de Dieu, pendant que le Petit Reste qui demeurera fidèle sera exposé aux plus grandes épreuves et persécutions. » (Message du 13 mai 1990, Fatima)

« L’apostasie sera alors généralisée, car presque tout le monde suivra le faux Christ et la fausse Église. La porte sera alors grande ouverte à l’apparition de l’Antéchrist ! » (Message du 17 juin 1989, Milan)

On pourrait citer plein d’autres messages et déclarations, comme les avertissements de la Vierge à La Salette, les descriptions détaillées de sainte Hildegarde de Bingen et d’autres témoignages fiables, comme celui d’Anne‑Catherine Emmerich. L’essentiel est toujours le même : dans les derniers temps, l’Église subira une violente attaque et se divisera de l’intérieur. L’esprit de l’Antéchrist s’infiltrera jusque dans la hiérarchie de l’Église, il y aura une grande apostasie et de nombreux chrétiens suivront l’Antéchrist. Il y aura une collaboration entre l’Antéchrist et une fausse Église.

L’avènement de l’Antéchrist a donc été clairement prédit par plusieurs sources. C’est une raison suffisante pour observer attentivement où l’on peut déjà détecter l’influence de l’esprit antichrétien dans la confusion actuelle de l’Église.

Malheureusement, je dois dire que, de mon point de vue, cet esprit est de plus en plus présent dans l’Église et qu’il exerce une forte influence sur elle. Cela fait un moment qu’il agit et sème la confusion dans la théologie, la morale, la liturgie, la mission que le Seigneur a confiée à l’Église, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et plein d’autres domaines. Cet esprit s’efforce de mondaniser l’Église, affaiblit sa dimension transcendante, réduit l’Évangile à un message de paix purement terrestre… Le sel perd son goût ! (cf. Mt 5,13).

Cette brève analyse de la situation, qui décrit le désastre et qu’on pourrait détailler bien davantage encore, montre que l’Église est sous la forte influence d’un « autre esprit » (cf. 2 Co 11,4), qui se déguise en ange de lumière (cf. 2 Co 11,14) et présente tous ces changements comme s’ils constituaient un avancement et un progrès pour le christianisme, en l’adaptant à notre époque.

Même si bon nombre des tendances mentionnées se manifestaient déjà sous les pontificats antérieurs à celui de François, elles le faisaient dans la désobéissance. Il y a donc une différence décisive. Avec François, le chef suprême de l’Église et ceux qui collaborent avec lui dans ce même esprit sont devenus les promoteurs d’une influence antichrétienne au sein de l’Église. Dans ce contexte, il convient de rappeler les paroles du message adressé à Don Gobbi : « Cette infiltration maçonnique au sein de l’Église t’a déjà été prédite par Moi à Fatima, quand Je t’ai annoncé que Satan s’introduirait jusqu’au sommet de l’Église. »

Jetons d’abord un coup d’œil à un acte public d’idolâtrie presque inconcevable, qui a eu lieu le 4 octobre 2019 dans les jardins du Vatican et à la basilique Saint‑Pierre.

Cet « esprit étranger » a réussi ce qui semblait impensable : il a endormi la plupart des évêques, y compris celui qui occupe le ministère pétrinien, au point qu’un culte à la Pachamama a pu être célébré au Siège de l’Église universelle sans susciter de véritable cri d’indignation. Tout catholique — et surtout les hiérarques — devrait très bien savoir qu’un tel acte, non seulement offense Dieu, comme l’atteste l’Ancien Testament à d’innombrables reprises, mais qu’il laisse aussi le champ libre aux démons pour agir, tant que Dieu le permet. Les exorcistes qui ont le courage de dire la vérité vous le confirmeraient sans hésiter.

Le simple fait que cet acte ait été possible ne s’explique que par le constat que l’aveuglement ne cesse de se propager depuis un certain temps.

Cet acte idolâtre montre à quel point l’esprit luciférien a exercé son influence dans les plus hautes sphères de l’Église, allant jusqu’à commettre une offense publique contre Dieu. Les tentatives d’expliquer cet événement en parlant d’inculturation ou de relativisation ne font qu’ajouter à la confusion.

L’évêque auxiliaire Athanasius Schneider s’est clairement prononcé sur cet événement :

« À la lumière de la révélation divine, contenue dans la Parole de Dieu, la Tradition de l’Église et son Magistère, la question est très simple : fabriquer des idoles pour les adorer est un péché très grave. Se prosterner devant des idoles, c’est de l’idolâtrie. Leur offrir des dons et des sacrifices, les porter en procession, les asseoir sur un trône, les couronner et leur brûler de l’encens, c’est un culte idolâtre évident qui est extrêmement immoral. Les placer sur des autels ou dans des églises consacrées pour les adorer, c’est une véritable et authentique profanation. » (19 novembre 2019, Source : kath.net)

Dans la méditation de demain, on continuera à analyser plusieurs événements de ces dernières années qui mettent en évidence l’influence grandissante de l’esprit antichrétien dans l’Église.

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/suivre-limpulsion-de-la-grace/

 

 

Le danger au sein de l’Église

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Tout ce que nous avons entendu dans les méditations précédentes sur l’Antéchrist montre clairement à quel point l’esprit antichrétien est dangereux pour l’humanité. C’est la tentative la plus tenace, et peut-être aussi la dernière, du diable pour étendre son emprise sur le monde entier, le soumettre et, si possible, se faire adorer par les hommes.

Dieu permet ces épreuves et les intègre à son plan de salut, car rien n’arrive sans que notre Seigneur le sache et sans qu’Il l’ordonne selon Sa volonté.

Comme le Christ est présent dans Son Église, l’attaque de l’Antéchrist et de ses complices se dirigera particulièrement contre elle, car elle fait obstacle à la réalisation de ses plans. De même, tout ordre étatique qui est au service de la justice et n’abuse pas de son pouvoir constitue un obstacle aux visées de l’Antéchrist. C’est pourquoi ses « disciples » cherchent à déstabiliser tout ordre existant dans divers domaines, car cet ordre est, directement ou indirectement, lié à Dieu. Ils veulent ainsi imposer leurs plans et préparer le terrain pour la domination de l’Antéchrist, qui, selon ses projets, doit régner sur le monde entier. Rappelons que l’Antéchrist sera une personne bien réelle, totalement dominée par Lucifer, et que le diable voudra manifester son royaume sur terre à travers lui.

Dans ce contexte, l’esprit de discernement revêt une importance particulière, car il permet de démasquer les tentatives de tromperie de Lucifer.

Les catholiques vigilants devraient pouvoir facilement percevoir l’influence antichrétienne sur le monde et les gouvernements lorsqu’ils promulguent des lois injustes. Dans le passé, les responsables de l’Église faisaient suffisamment de déclarations claires pour aider les fidèles à bien discerner les esprits. Malheureusement, cela a changé.

C’est pourquoi il faut désormais se concentrer avant tout sur l’Église et se demander sérieusement si l’« esprit de l’Antéchrist » n’y est pas à l’œuvre, au point qu’une grande partie de la hiérarchie ait perdu le cap, se soit laissée tromper et coopère même avec cet esprit.

En d’autres termes : se pourrait-il que les « disciples de l’Antéchrist » aient réussi à placer sous leur influence des postes clés de la direction de l’Église ? Une sorte d’« anti-Église » est-elle en train de se former au sein même de l’Église ? Ou bien est-elle déjà apparue ?

On ne peut pas fermer les yeux sur ces questions, qui sont devenues particulièrement urgentes, surtout depuis le pontificat de François et de son successeur, Léon XIV. Pour réfléchir plus en détail à cette question, écoutons les déclarations de deux papes précédents qui abordent cet aspect :

Le pape Paul VI a déclaré le 13 octobre 1977 : « La queue du diable est en train de provoquer la désintégration du monde catholique. Les ténèbres de Satan ont envahi le monde catholique, se répandant jusqu’à atteindre même ses plus hauts échelons. L’apostasie, la perte de la foi, se répandent dans le monde et aux plus hauts niveaux de l’Église. » (Paul VI, Discours à l’occasion du soixantième anniversaire des apparitions de Fatima, 13 octobre 1977).

Deux ans avant d’être élu pape, le cardinal Karol Wojtyła a déclaré lors du Congrès eucharistique de Philadelphie en 1977 :

« On est aujourd’hui face à la plus grande confrontation historique que l’humanité ait jamais connue. Nous sommes face à la lutte finale entre l’Église et l’anti-Église, l’Évangile et l’anti-Évangile. Cette confrontation s’inscrit dans les plans de la divine providence et constitue un défi que toute l’Église doit relever. »

Écoutons une autre voix prophétique au sein de la hiérarchie de l’Église : l’évêque Fulton Sheen, des États-Unis :

« Le faux prophète aura une religion sans croix, sans monde à venir, une religion destinée à détruire les religions. Il y aura une fausse Église. L’Église du Christ, c’est-à-dire l’Église catholique, sera unique. Et le Faux Prophète en créera une autre. La fausse Église sera mondaine, œcuménique et mondiale. Ce sera une fédération d’Églises. Les religions formeront une sorte d’association mondiale : un parlement mondial des Églises vidé de tout contenu divin. Ce sera le “corps mystique de l’Antéchrist”. Le corps mystique sur terre aura aujourd’hui son Judas Iscariote : ce sera le Faux Prophète. Satan le recrutera parmi nos évêques. » (Flynn, T. & L., Le Tonnerre de la justice, Maxkol Comunicaciones, Sterling, VA, 1993, p. 20).

Toutes ces paroles graves montrent que la question posée plus haut, à savoir si les « partisans de l’Antéchrist », qu’ils en soient conscients ou non, déterminent déjà en grande partie la direction du pontificat actuel, exige une réponse urgente. On ne peut pas induire les fidèles en erreur. C’est précisément parce que nous sommes appelés, en tant que catholiques, à écouter la voix de nos pasteurs, qu’il faut faire preuve de discernement et se demander s’il existe déjà des signes clairs d’un grave écart de la part de la hiérarchie ecclésiastique. C’est extrêmement important, car sinon, un faux esprit pourrait abuser de l’obéissance des fidèles — qui est en soi un grand bien — pour les détourner du chemin du Saint-Esprit et les mener sur une mauvaise voie.

Après avoir écouté, dans les méditations précédentes, ce que les Saintes Écritures et certains bons auteurs nous disent de l’Antéchrist, ainsi que les paroles de deux papes et d’un évêque, nous réfléchirons demain à quelques témoignages issus du domaine prophétique et mystique pour compléter le sujet.

Méditation sur la lecture du jour (fête de sainte Marie-Madeleine) :    https://fr.elijamission.net/le-chemin-de-lamour-2/

 

Les caractéristiques de l’Antéchrist

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Comme son nom l’indique, l’Antéchrist se présentera comme un imitateur du Rédempteur, tout en tentant de dissimuler son aversion et son hostilité profondes envers le Christ. Il pourrait donc même citer l’Évangile, mais en mettant particulièrement l’accent sur les passages qui parlent des besoins des gens, afin de donner l’impression qu’il agit par charité chrétienne et de se présenter comme un défenseur de la justice et de la miséricorde. En réalité, il proposera une sorte d’« évangile intramondain » qui nie la transcendance de Dieu et le besoin de rédemption de l’être humain. Il cachera soigneusement sa « mission satanique », qui consiste à atteindre la domination mondiale et à pénétrer dans le temple de Dieu pour en usurper la place (cf. Mt 24, 15).

L’Antéchrist exercera une influence sur l’Église, cherchant à l’utiliser à ses propres fins et à pervertir la mission qui lui a été confiée. Il parviendra à rallier à sa cause un grand nombre de chrétiens et provoquera une immense confusion à l’époque de la grande apostasie.

Beaucoup soupçonnent que l’Antéchrist aura à ses côtés une sorte de « faux prophète » (cf. Ap 19, 20), qui aura préparé son avènement au préalable. Il n’est malheureusement pas possible d’écarter la possibilité que ce faux prophète provienne du milieu ecclésiastique, tout comme l’Antéchrist ne sera pas étranger à la foi chrétienne. Rappelons ce que saint Jean écrit dans sa lettre : « Mes petits enfants, c’est la dernière heure. Comme vous avez appris que l’antéchrist doit venir, aussi y a-t-il maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c’est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous » (1 Jn 2, 18-19).

Ce qui se cache derrière l’apparente philanthropie de l’Antéchrist sera démasqué dès qu’on lui opposera une résistance, qui viendra, dans un premier temps, du milieu chrétien. Ce n’est qu’alors qu’il montrera son vrai visage et persécutera cruellement ceux qui se conforment aux commandements de Dieu, qui témoignent de sa Majesté et qui, par conséquent, ne le reconnaissent pas comme souverain suprême.

Certains, y compris dans le milieu prophétique, soupçonnent qu’il existera, sous l’influence de l’Antéchrist, une sorte de « fausse Église » qui persécutera brutalement la véritable Église du Christ.

On pourrait peut-être l’expliquer ainsi : une Église mondanisée, dans laquelle l’erreur s’est infiltrée, ne pourra pas résister à l’Antéchrist, car elle sera déjà affaiblie par l’esprit antichrétien ; il pourra alors s’en servir pour mettre en œuvre ses plans pervers. C’est la fidèle « foule de l’Agneau » (cf. Ap 7, 9.14) qui, grâce à Dieu, opposera une résistance et devra s’enfuir un temps dans le désert (cf. Ap 12, 6). Cela peut aussi faire référence à une sorte de « désert spirituel » dans lequel les fidèles devront se retirer pour échapper à l’influence de l’Antéchrist.

En attendant, les « disciples de l’Antéchrist » ont déjà réussi à faire de leur influence l’opinion politiquement correcte, le « courant dominant », dans de nombreux pays démocratiques. À travers la politique et les médias, ils imposent une sorte de « dictature du relativisme » qui ne tolère pas que les gens croient en des valeurs absolues et agissent en conséquence.

L’érosion des commandements de Dieu, le fait de ne chercher le sens de la vie que dans l’immanence, c’est-à-dire dans les choses de ce monde, la désorientation morale, la perte de la foi, l’aliénation de la foi dans la sphère publique, l’immoralité croissante, la manipulation par les médias et les réseaux sociaux, la mondialisation de la décadence occidentale avec sa « culture de la mort »… Tout cela montre que nous ne vivons pas dans un « âge d’or » où la civilisation humaine brillerait de mille feux. On dirait plutôt qu’un pouvoir se prépare, qui voudra profiter de cette décadence pour ériger un royaume différent de celui de Dieu. L’aveuglement causé par le péché et l’ignorance du vrai sens de la vie feront que beaucoup seront victimes des tromperies de l’Antéchrist.

La « religion » ou vision du monde de l’Antéchrist n’exigera pas des gens qu’ils se convertissent et changent pour le mieux ; elle leur offrira au contraire une soi-disant liberté de céder à leurs penchants et à leurs envies, tant que cela ne nuit pas aux autres. Toute dimension transcendante et la responsabilité de sa propre vie devant Dieu seront laissées de côté. La religion de l’Antéchrist sera une sorte de « religion immanente », car toute transcendance mettrait en évidence le règne de Dieu. C’est pourquoi des valeurs telles que la paix, la bienfaisance, l’écologie, l’éducation, la lutte contre la faim et la pauvreté, la santé, etc., seront mises au premier plan — mais sans désigner Celui qui est à l’origine de toute bonne œuvre : Dieu lui-même.

C’est ainsi que l’homme prend la place de Dieu.

Après avoir longuement réfléchi à la figure de l’Antéchrist, nous nous attacherons, dans les prochaines méditations, à identifier l’influence que l’esprit antichrétien exerce déjà sur le monde et sur l’Église, pour ensuite mettre en avant les armes spirituelles qui permettent de lui résister.

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/la-veritable-parente-de-jesus-3/

 

L’Antéchrist dans le roman de Michael O’Brien – 20 juillet 2026

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un autre livre abordant le thème de l’Antéchrist.

À l’instar de Robert Benson, Michael O’Brien, un auteur encore en vie, développe son récit apocalyptique sous forme de roman. Le personnage principal de sa trilogie est un juif converti devenu prêtre catholique : le père Élie.

L’histoire raconte l’ascension d’un homme qui exerce une immense force d’attraction sur l’humanité. O’Brien évoque certains épisodes de sa jeunesse qui laissent penser qu’il est en réalité quelqu’un de vraiment cruel, même s’il se montre impeccable et vertueux en apparence. Au fil de l’histoire, le père Élie apprend que cet homme a fait assassiner certains de ses adversaires politiques et qu’il s’entoure d’hommes violents qui exécutent ses ordres.

Le père Élie, qui, avant sa conversion, avait lui aussi entamé une carrière politique prometteuse, se voit confier par le Saint-Père la mission d’affronter cet homme pour tenter de sauver son âme et l’exhorter à s’éloigner des chemins de la perdition. Le pape et le père Élie savent tous deux que cet homme politique puissant pourrait bien être l’Antéchrist.

De son côté, le présumé Antéchrist essaie de rallier le père Élie et d’autres ecclésiastiques de haut rang à sa cause. Le livre raconte que certains évêques et cardinaux soutiennent les initiatives de l’Antéchrist. Ce sont les mêmes qui souhaiteraient que l’Église adopte une ligne plus progressiste.

À un moment donné, la rencontre décisive a lieu entre le père Élie et le présumé Antéchrist, et le prêtre l’exorcise pour lui donner une nouvelle chance de se convertir à Jésus-Christ. Mais au fil de l’histoire, on voit que l’Antéchrist ne se convertit pas et poursuit ce qu’il considère comme sa « mission ». Celle-ci consiste à mettre en place un gouvernement mondial où il occupe lui-même une place centrale, en tant que sorte de « pacificateur ». À l’instar du roman de Robert Benson et d’autres ouvrages, l’Antéchrist apparaît ici comme un messager de paix qui trompe les gens grâce à cette facette apparemment positive.

La fin du troisième livre raconte comment le père Élie, entre-temps ordonné évêque, se rend à Jérusalem avec l’un de ses frères pour affronter une nouvelle fois l’Antéchrist. Celui-ci fait une apparition publique au Mur des Lamentations. Quelques voix s’élèvent pour le dénoncer comme ennemi de Dieu, Antéchrist et faux prophète. Mais la grande majorité de la foule est sous son charme. Les voix qui s’opposent à lui sont réduites au silence et anéanties. C’est également le sort qui attend le père Élie.

La littérature sur l’Antéchrist est bien plus vaste, mais dans le cadre de cette série, je pense que les trois livres résumés suffisent.

Avant d’aborder certaines caractéristiques de l’Antéchrist dans la méditation de demain, j’aimerais citer un passage du théologien dogmatique Franz Diekamp, qui s’appuie sur les principes de saint Thomas d’Aquin. Il écrit ce qui suit à propos de l’Antéchrist :

« L’Antéchrist apparaîtra comme l’« homme de l’iniquité », le « fils de la perdition », l’« adversaire »…

 À la fin des temps, l’esprit hostile au christianisme, l’esprit d’impiété, s’incarnera dans une personne humaine concrète qui luttera avec une terrible cruauté contre l’Église. Cet Antéchrist a pour précurseurs tous ceux qui s’en prennent avec haine au Christ et à son royaume, et qui peuvent donc aussi être appelés “antéchrists”. Mais le “dernier Antéchrist” les surpassera tous et synthétisera toutes leurs prétentions dans sa rébellion contre Dieu et son Oint, ce qui le conduira à “s’autodiviniser”. »

Selon Diekamp — et c’est selon moi un point essentiel — ni l’interprétation collectiviste (qui affirme que l’Antéchrist ne serait pas une personne en particulier, mais la somme de tous les ennemis du Christ) ni l’interprétation purement historique (qui identifie l’Antéchrist à des personnages comme Néron ou Caligula) ne correspondent pleinement à la réalité.

Il faut donc s’attendre à l’apparition d’une personne précise qui, à la fin des temps, avant la seconde venue du Christ, exercera un pouvoir dictatorial pendant un certain temps, s’en prendra à tous les hommes, mais surtout à ceux qui resteront fidèles au Seigneur.

L’Antéchrist, également appelé « fils de la perdition » (cf. 2 Th 2, 3), se présentera comme un souverain universel. Alors que les autres « antéchrists » qui ont existé au cours de l’histoire — comme les dictateurs du siècle dernier — ont rapidement montré leur cruauté, l’Antéchrist est souvent décrit comme un messager de paix, doté d’un charisme extraordinaire et des pouvoirs politiques nécessaires pour mener à bien ses plans. Il apparaîtra à un moment où l’humanité sera en grande détresse et où le développement permettra d’exercer une domination mondiale. Il se présentera en apparence comme un homme vertueux et spirituel, mais son inspiration sera d’origine démoniaque.

Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/la-bonne-reponse/

 

 

(IV): « L’Antéchrist dans le récit de R. H. Benson »

Le deuxième auteur dont je vais parler dans le cadre de cette série consacrée à la menace antichrétienne est le prêtre catholique anglais Robert Hugh Benson. Son livre Le Seigneur du monde est paru en 1907.

Il s’agit d’une sorte de roman futuriste aux accents apocalyptiques. Il est intéressant pour nous, croyants, car il décrit le conflit entre un monde qui s’est détourné de la foi et l’Église. Il esquisse également une image de ce à quoi pourrait ressembler un Antéchrist.

Ce roman a été écrit quelques années après le récit de Soloviev. Compte tenu du thème similaire et de la ressemblance de certains passages, on peut supposer que Benson connaissait l’œuvre de Soloviev. Il est possible qu’ils se soient également inspirés d’autres sources évoquant l’Antéchrist.

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(III): « L’Antéchrist dans le récit de Soloviev »

Aujourd’hui et demain, nous verrons comment l’Antéchrist est représenté dans la littérature que je connais.

Il est surtout décrit comme une figure politique dotée d’un charisme extraordinaire, qui propose des solutions à des problèmes politiques et sociaux urgents.

Cet Antéchrist, tel que je l’ai trouvé dans la littérature, est censé exercer une immense fascination à laquelle les gens ont du mal à résister. En apparence, l’Antéchrist donne l’impression d’être un homme spirituel qui semble doté de vertus, d’une grande clairvoyance et ouvert aux questions religieuses.

On voit donc d’abord se dessiner ici une autre image de l’Antéchrist, qui se distingue des figures antichrétiennes politiques connues dans l’histoire, souvent représentées comme des tyrans violents.

Aujourd’hui, j’aimerais aborder ce qui est peut‑être le livre le plus important sur ce sujet : « Le court récit de l’Antéchrist » de Vladimir Soloviev.

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(II): « Quelques aspects de l’Antéchrist »

Dans l’introduction à cette série, nous avons déjà vu qu’il n’est pas seulement question d’une seule personne incarnant l’Antéchrist, mais de nombreux Antéchrists. À la fin du texte d’hier, j’ai évoqué « l’esprit antichrétien », que l’on doit toujours apprendre à repérer lorsqu’il déploie son action pernicieuse et cherche à semer la confusion dans l’esprit des gens.

L’Antéchrist intérieur

Certains auteurs qui se penchent sur ce sujet évoquent également un « Antéchrist intérieur » qui réside en chacun de nous. C’est vrai dans la mesure où la tentation anti-divine vit aussi en nous, les êtres humains, et que nous devons la repousser, voire la vaincre. Cela devient clair quand on se rend compte que l’esprit antichrétien est l’esprit de Lucifer, qui cherche à exercer son influence partout, que ce soit en semant la confusion dans l’esprit des gens ou par toutes sortes d’influences extérieures. L’objectif reste le même : les puissances des ténèbres cherchent à exercer leur domination sur l’homme et à entrer ainsi en concurrence avec le règne du Christ. Pour combattre l’« antéchrist intérieur », il faut disposer des moyens qui font partie de l’armement spirituel de base pour suivre le Christ. Nous y reviendrons plus tard.

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