Une fois la ville d’Orléans libérée du siège, Jeanne était impatiente d’accomplir sa prochaine prophétie : conduire le roi à Reims pour son couronnement. Ses voix lui avaient fait comprendre qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps pour mener à bien sa mission et qu’il fallait saisir l’occasion. Les Anglais étaient affaiblis, tandis que les soldats français étaient encouragés.
Le comte de Dunois rapporte :
Après la libération d’Orléans, nous nous rendîmes ensemble — la Pucelle, moi-même et d’autres — auprès du roi, qui se trouvait au château de Loches, afin de lui demander de nouvelles troupes pour reconquérir les forteresses et les villes de la Loire, en particulier Meung, Beaugency et Jargeau, afin qu’il puisse à l’avenir opérer en toute sécurité et sans entrave jusqu’à Reims pour son couronnement. Jeanne pressait le roi avec insistance et sans relâche de se dépêcher et le mettait en garde contre toute hésitation. À partir de ce moment, le roi agit avec toute la hâte imaginable et envoya le duc d’Alençon, d’autres chefs de guerre et moi-même — en compagnie de Jeanne — pour prendre ces villes et ces châteaux. Et en effet, ils furent ramenés sous la domination du roi — grâce à l’aide de Jeanne, je pense.
