Notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Vous. 

Avant de poursuivre, en cette période de Pâques, notre réflexion sur l’Église afin de mieux saisir sa beauté et la mission que le Seigneur lui a confiée, permettez-moi de jeter un bref regard sur notre communauté Agnus Dei, fondée le 24 avril 1980. Certes, chaque date — puisque chaque jour est un don de Dieu — possède sa propre histoire précieuse. Il convient donc de découvrir ce qui s’est passé lors de ces jours qui se distinguent particulièrement dans la vie. La communauté Agnus Dei étant une communauté spirituelle de catholiques, voyons d’abord quelle fête est célébrée ce jour-là dans l’Église.

Il ne fait aucun doute que saint Augustin a contribué à la création de la communauté à différents niveaux, c’est pourquoi nous lui rendons aujourd’hui un hommage particulier. L’Ordre des Augustins célèbre en effet le 24 avril la fête de la conversion de saint Augustin. Nous savons tout ce qui a découlé de sa conversion, qu’il devait également à l’intercession de sa mère, sainte Monique. Son influence sur l’Église, mais aussi sur les personnes en quête spirituelle, est inestimable. Cela demeure vrai aujourd’hui.

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Un nouveau regard sur les Juifs 

Au cours des deux dernières réflexions, nous avons constaté une fois de plus avec douleur que les Juifs n’ont pas trouvé de chemin naturel vers la reconnaissance de Jésus comme Messie. Le fait que le passage — ou plutôt l’aboutissement du chemin parcouru jusqu’alors dans la suite du Fils de Dieu — n’était pas seulement possible, mais s’est effectivement produit, s’est manifesté chez les apôtres du Seigneur et chez ceux qui étaient parvenus à la foi. Cela est apparu particulièrement clairement chez saint Paul, issu des cercles érudits du judaïsme, qui a vécu Sa conversion et Son illumination comme une grande grâce. Dieu était à l’œuvre avec autorité et confirmait Son Fils par des signes et des miracles. Mais comme cela n’était pas reconnu et que, au contraire, l’éloignement ne cessait de croître, il n’y avait plus de chemin commun. La conséquence fut l’exclusion des confessants du Messie après la destruction du Temple en l’an 70 après J.-C. et la réorganisation du judaïsme.

Aussi triste que cela puisse être, cette séparation était sans doute inévitable, car la reconnaissance du Fils de Dieu comme Messie a été — et restera — le moment décisif qui ouvre la porte de la grâce à l’humanité. La réponse, qui consiste à Le suivre, est le moment décisif pour que la grâce que le Fils de Dieu a apportée sur terre puisse atteindre les hommes.

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La douleur de Paul pour ses frères et l’exclusion des chrétiens d’origine juive de la synagogue !

Nous avons, dans la réflexion d’hier, porté notre regard sur l’Église, sur la manière dont elle a pu – malgré toutes les résistances – se répandre, et nous avons entendu la louange de saint Irénée, qui célébrait l’unité de la doctrine dans l’Église et soulignait que la lumière de Dieu lui avait été confiée, afin qu’elle éclaire désormais les peuples. Le passage cité de son écrit se terminait par ces belles paroles : « Partout l’Église prêche la vérité ; elle est le chandelier à sept branches qui porte la lumière du Christ. »

À la fin du texte, le regard s’est de nouveau porté sur les Juifs. J’ai exprimé l’espoir qu’ils reconnaissent encore le Messie – et il faut ajouter : après d’innombrables souffrances au cours de leur histoire. Ce serait une bénédiction pour tous ! C’est ainsi que j’ai conclu la méditation d’hier. Par cette déclaration, je me réfère à une parole de l’Apôtre des nations, Paul, que nous devrions sans cesse garder en mémoire.

« Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par l’Esprit-Saint : j’éprouve une grande tristesse et j’ai au cœur une douleur incessante. Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel est au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement. Amen ! » (Rm 9,1‑5)

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L’Église comme maîtresse des nations

D’un point de vue liturgique, nous sommes encore dans le temps où le Seigneur Jésus ressuscité demeure auprès de ses disciples afin de les affermir dans la foi en sa résurrection et de les préparer à la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte. Nous comprenons la Pentecôte comme le jour de la fondation de l’Église, qui, selon notre foi, est le Corps du Christ, fondée sur le fondement des prophètes et de ses apôtres. Elle est cet Israël qui a reconnu en lui le Messie promis, venu pour racheter son peuple. Tous ceux qui reconnurent l’heure du salut et accueillirent la grâce de Dieu entrèrent au service du Rédempteur et devinrent ainsi des témoins du Christ.

Il nous reste encore trente jours jusqu’à la fête de la Pentecôte, durant lesquels il convient d’insérer quelques considérations sur l’Église : l’unique, sainte et catholique Église, issue des Juifs et des païens, et appelée à travers les siècles à transmettre le salut dans le Christ en tant que maîtresse des nations.

Dieu a mis en marche une grande œuvre pour conduire des hommes de tous les peuples à la foi, les rassembler ainsi et les appeler à entrer dans son Royaume. Ce fut son Fils ressuscité qui donna à ses disciples en Galilée — comme nous l’entendons dans l’Évangile — l’ordre suivant :

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Complément sur saint Georges

La méditation d’hier nous a fait découvrir l’histoire de saint Georges telle que la relate la Legenda Aurea. Il a sauvé la princesse qui devait être sacrifiée à un dragon, dans la force du Seigneur. Ensuite, la population, libérée du dragon, s’est tournée vers la foi chrétienne. Ma méditation s’est terminée par cette phrase :

Cette histoire soulève la question suivante: qu’en est-il aujourd’hui de ce monde qui se détourne toujours davantage du Christ? Ce dragon exerce-t-il à nouveau sa domination sur l’humanité par divers moyens?

C’est cette question qu’il convient d’examiner aujourd’hui. Quiconque a des yeux pour voir ne peut manquer de constater que le monde est sous une forte influence du mal et donc dans une dépendance à l’égard du dragon. Dans l’histoire de saint Georges, cette dépendance des hommes a nécessité la libération par le Christ.

Le dragon, qui représente la puissance du mal, est clairement désigné dans l’Écriture. Dans l’Apocalypse, il est dit :

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Saint Georges : le vainqueur du dragon et martyr – vers 280 en Cappadoce – † 305 à Lydda

 

Il existe sans doute peu de saints aussi connus et entourés d’autant d’histoires et de légendes que saint Georges, que nous célébrons aujourd’hui. Il est hautement vénéré dans la chrétienté et souvent représenté dans les peintures comme le tueur de dragon. Concernant la mise à mort du dragon, la légende suivante s’est formée autour de lui ; je la reprends sous forme abrégée de la Legenda Aurea de Jacques de Voragine :

«Georges, le chevalier (né d’une famille cappadocienne), arriva un jour en Libye, dans la ville de Silena. Près de la ville se trouvait un lac aussi vaste qu’une mer, dans lequel vivait un dragon venimeux qui avait déjà maintes fois mis tout le peuple en fuite lorsqu’il s’était levé en armes contre lui. Il s’approchait jusque sous les murs de la ville et empoisonnait tout de son souffle toxique. Les habitants de la ville — encore païens — lui sacrifiaient chaque jour deux moutons. Lorsque le nombre de moutons diminua toujours davantage, on en vint à sacrifier également des êtres humains, et l’on tira au sort pour désigner la victime. Le sort tomba aussi sur la fille du roi. Profondément bouleversé, celui-ci ne put la protéger, car le peuple le menaça de brûler sa maison et lui-même s’il ne respectait pas la loi qu’il avait lui-même édictée.»

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Saint Frère Conrad de Parzham (II) : « L’intimité avec Dieu »

Hier, nous avons certainement été émerveillés par saint Conrad, dont la vie a été si féconde et qui a accompli son service de portier, certainement éprouvant, pendant quarante et un ans, jusqu’à trois jours avant la fin de sa vie. Grâce à lui, les pèlerins venant à Altötting ont pu faire l’expérience d’une grande proximité avec Dieu. Frère Conrad nous a lui-même fait part de certains aspects de son « secret d’amour », qui l’a si intimement uni à Dieu.

C’est une chose d’admirer avec gratitude une telle vie et d’en louer le Seigneur. C’en est une autre de remercier le saint lui-même d’avoir si bien écouté notre Père céleste et d’avoir servi Dieu et les hommes. Il est également utile de lui demander de prier pour notre cheminement à la suite du Christ. Mais nous pouvons aller encore plus loin. Comment faire en sorte que la vie des saints soit féconde pour nous ?

Il s’agit sans doute de trouver aussi la source dont frère Conrad a été abondamment comblé, de sorte que des flots d’eau vive ont jailli de lui dans ce monde. Le saint exprime très simplement, avec sa gentillesse habituelle, comment nous devrions vivre :

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