LA VISITATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE: « Un regard sur sainte Élisabeth » (I)  

REMARQUE : Selon le calendrier liturgique traditionnel, c’est aujourd’hui la fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie. Nous écouterons donc le récit évangélique de sa merveilleuse rencontre avec sainte Élisabeth.

Lc 39-46

En ces jours-là, Marie se levant, s’en alla en hâte au pays des montagnes, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Or, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. Et élevant la voix, elle s’écria : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. Heureuse celle qui a cru ! car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! » Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur. Et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur. »

Deux saintes femmes se rencontrent. L’une, Élisabeth, avait eu la joie d’accoucher tardivement d’un enfant, alors qu’elle était considérée comme stérile. Dieu avait rendu cela possible, et cet enfant, son unique enfant, était Jean‑Baptiste, le précurseur de la venue du Christ.

« Rien ne sera impossible à Dieu » avait dit l’archange Gabriel à la Vierge Marie en évoquant Élisabeth, lorsqu’Il lui avait annoncé qu’elle deviendrait la mère du Messie (Lc 1, 37).

« Rien ne sera impossible à Dieu »

C’est alors que ces deux femmes élues se rencontrèrent. L’une porte dans son sein celui dont Jésus dira : « Parmi les enfants des femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste » (Mt 11, 11). L’autre porte Celui qui est venu pour racheter l’humanité. Les deux femmes connaissent le mystère de l’amour dans lequel Dieu les a fait entrer. Elles ont conscience d’avoir été choisies.

Dès que Marie entra dans la maison d’Élisabeth et la salua, elle sentit son enfant tressaillir de joie dans son sein. Elle‑même fut remplie du Saint‑Esprit et se mit à proclamer, sous Son inspiration, les grandes œuvres du Seigneur dont elle était témoin (Lc 1, 41‑45). Devant elle se tient Celle qui a dit « oui » à la volonté de Dieu pour tous les hommes, Celle qui fait taire le « non » d’Ève, Celle qui devient la mère de tous les croyants.

Son propre fils, qu’elle a conçu comme par miracle, est appelé à préparer le chemin au Fils de Marie. Telle était sa mission, qu’elle a pu remplir en tant que mère. À présent, il tressaille de joie dans son sein lorsqu’il entend la voix de la mère de Son Seigneur (Lc 1, 41). Plus tard, il témoignera : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. » (Jn 1, 15)

Si nous tournons notre regard vers sainte Élisabeth, nous constatons que toute son attention est tournée vers Marie. Elle est profondément émue et considère la venue de la Vierge comme une grande grâce : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? »

Et c’est vrai, pour elle comme pour nous tous. Qui sommes‑nous pour que le Fils de Dieu vienne vers nous sur terre ? Il n’y a qu’une seule réponse à cela. C’est l’amour ineffable de notre Père céleste qui, par Son Fils, nous cherche pour nous ramener à Lui.

Élisabeth le reconnaît et prononce ces paroles éternelles que nous répétons si souvent dans le saint rosaire : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. »

Il en est ainsi : sainte Élisabeth chante déjà le cantique de louange à la Mère de Dieu, qu’elle écoute au fond de son cœur sous l’inspiration du Saint‑Esprit : « Heureuse celle qui a cru ! car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45)

Ainsi, Élisabeth, tu nous invites à te joindre à ta louange en l’honneur de Marie, car sa foi aimante sera toujours pour nous un modèle, et le grand bonheur d’accomplir la volonté de notre Père. Tu l’as compris, et nous voulons le comprendre encore plus profondément. Dire « oui » à la volonté du Père, c’est la vraie vie. Tout peut alors se déployer, tout peut être touché par la vraie vie.

Tu as également prononcé ce « oui » à l’égard de ton fils, et tu as entrevu l’immensité du « oui » de Marie à la conception de Son Fils. Tout passe au second plan, comme ton fils l’a dit plus tard à propos de Jésus : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jn 3, 30). Toi aussi, tu te retires donc à l’arrière‑plan, et tout en toi loue la grandeur du Seigneur lorsque tu vois la Mère de ton Seigneur.

Et Marie ?

Elle éclate en une exultation devant Dieu, et nous entendons de Sa bouche les paroles que tout le monde catholique prie et qui, à travers les siècles, sont chantées sous le nom de Magnificat lors de l’office des vêpres : « Mon âme glorifie le Seigneur. Et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur. » (Lc 1, 46‑47)

Demain, nous nous pencherons sur ce Magnificat pour louer le Seigneur avec la Mère de Dieu.

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