Quiconque a les yeux pour voir pourra constater sans aucun doute à quel point un « esprit différent » influence la hiérarchie ecclésiastique, et par conséquent les fidèles qui se fient à ses conseils. Si c’est une bonne chose que les brebis suivent leurs bergers, l’obéissance devient un abus lorsque ceux-ci ne guident plus le troupeau sur le chemin que Dieu leur a tracé. Malheureusement, c’est précisément ce qui se passe sur des points cruciaux.
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AMITIÉ DIVINE
« Je t’offre une amitié divine et l’union des volontés » (Parole intérieur).
LA PRÉSENCE PERMANENTE DE DIEU
« Je souhaite que l’homme se souvienne souvent que je suis là où il est » (Message de Dieu le Père à sœur Eugenie Ravasio).
Par ces paroles, notre Père nous rappelle qu’il n’y a pas un seul instant de notre vie où Il s’éloigne de nous. Dieu est toujours là, que ce soit pour nous appeler à la conversion si nous nous sommes égarés, soit pour nous fortifier et nous former selon sa volonté si nous vivons dans sa grâce. Rien n’est caché à notre Père, qui en toute chose, veut faire comprendre à l’homme sa bonté et lui faire reconnaître à quel point il dépend de Lui.
Dans le message adressé à sœur Eugénie, Il poursuit ainsi : « L’homme ne pourrait pas vivre si je n’étais pas à ses côtés, vivant comme lui. »
Ainsi, toute notre existence dépend de sa présence aimante dans toutes choses. Si nous en étions conscients, notre vie prendrait une dimension surnaturelle. Une fois que nous avons répondu à l’appel à la conversion, la présence du Seigneur nous devient de plus en plus naturelle et nous nous en réjouissons. Toute crainte s’évanouit et toutes les fausses images de Dieu disparaissent alors de notre vie.
Alors, que nous reste-t-il ? Il nous reste un immense émerveillement et une profonde gratitude, car Dieu est tel qu’Il est. Jour après jour, nous prenons conscience que nous avons un Père céleste qui ne cesse de nous envelopper de son amour, pourvu que nous nous tournions vers Lui en l’appelant « Père » avec confiance. Ainsi grandissent l’amour et la confiance, que nous chanterons éternellement « au ciel, en compagnie des élus ».
Mais cela commence déjà ici, sur Terre. C’est « un avant-goût de la félicité céleste, qui durera éternellement ».
Quelle merveilleuse invitation Dieu adresse à tous les hommes ! C’est comme si notre Père nous disait : « Réveille-toi et regarde : ton Père veille toujours sur toi et reste à tes côtés. Que pourrait-il t’arriver si tu te laissais guider par moi ? ».
La résistance spirituelle
Avec la méditation d’aujourd’hui, on arrive à la fin de la liste des graves déviations au sein de l’Église, qui révèlent l’influence de l’esprit antichrétien. Il nous reste encore à mentionner le rejet malsain de la Sainte Messe selon son rite traditionnel, telle qu’elle a été célébrée pendant tant de siècles. Ce rejet s’est manifesté à travers diverses déclarations et mesures prises au cours du dernier pontificat, notamment dans le motu proprio Traditionis custodes. Ainsi, l’intention du pape Benoît XVI de permettre à la messe tridentine de bénéficier du respect et de la pratique qu’elle mérite a été largement contrecarrée.
RENONCER À SOI-MÊME
« Je t’assure que la victoire consiste à te vaincre toi-même. C’est là ton plus grand ennemi » (Saint Paul de la Croix).
Aujourd’hui, nous entendons à nouveau une phrase de Saint Paul de la Croix. Que les paroles des saints sont précieuses ! Souvent, elles jaillissent d’une communion très intime avec Dieu. Parfois, ce sont des paroles que le Seigneur lui-même leur a inspirées ; d’autres fois, elles sont le fruit d’un long cheminement spirituel. Quoi qu’il en soit, ce sont des joyaux que nous devrions chérir.
La citation d’aujourd’hui nous révèle qui est notre plus grand ennemi. Ce n’est ni le diable, ni le monde avec toutes ses séductions et tentations. Non, c’est nous-mêmes, avec nos mauvaises inclinations et ces habitudes dont nous ne voulons pas nous défaire si facilement. En d’autres termes, l’amour-propre est notre plus grand ennemi. Il est tenace et profondément enraciné. Souvent, il se cache et nous ne l’identifions pas assez. Nous devrons lutter contre l’amour-propre jusqu’à la fin de nos jours. Il est, pour ainsi dire, notre compagnon inséparable, notre « amant secret » qui finit par s’imposer encore et encore. Malheureusement, cela reste vrai même lorsque nous avons déjà emprunté le chemin à la suite du Seigneur et que nous savons que nous devons mettre en pratique l’exhortation de Jésus à renoncer à nous-mêmes (cf. Mt 16, 24).
Il s’agit d’un combat véritablement acharné qu’il faut mener jour après jour, non pas dans la tension et en serrant les dents, mais avec persévérance, en ayant conscience que, la plupart du temps, le chemin sera long. Pour cela, il faut se connaître sincèrement soi-même. Nous devons être prêts à découvrir comment notre nature nous tend des pièges et à percevoir comment l’amour-propre tente sans cesse d’esquiver les étapes nécessaires à la croissance spirituelle. Combien d’excuses et de justifications a-t-il toujours à portée de main ! Et certaines semblent extrêmement raisonnables !
Alors, que devons-nous faire ? Demandons au Saint-Esprit de nous éclairer pour mieux nous connaître et efforçons-nous sincèrement de surmonter l’amour-propre, car celui-ci fait obstacle à l’amour de Dieu et du prochain.
Ce combat plaira à notre Père et, par la grâce, nous en sortirons victorieux !
L’influence antichrétienne au sein de l’Église
En abordant la question de savoir si l’Église — ou plutôt ses dirigeants actuels — est déjà sous l’influence de l’Antéchrist, j’ai souligné un premier indice : la vénération publique de la Pachamama dans les jardins du Vatican et à la basilique Saint-Pierre, un événement profondément inquiétant. J’ai mentionné cet exemple hier dans ma méditation, car il est le plus parlant et contraste radicalement avec ce que Dieu a confié à son peuple dans l’Ancienne Alliance, ainsi qu’avec la mission confiée à l’Église. Combien de martyrs ont versé leur sang pour avoir refusé de sacrifier aux idoles ? Un acte d’idolâtrie au Vatican est tellement absurde qu’on ne peut s’empêcher de se demander quelle sorte d’aveuglement s’est répandu pour qu’une chose pareille puisse arriver.
Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Une telle transgression aurait-elle été possible dans l’Église il y a cent ans ? Non ! Sommes-nous plus sages que le Seigneur lui-même, que les apôtres, les papes et les missionnaires de tous les siècles, au point de dire que ces actes sont des gestes de gentillesse envers les indigènes et qu’ils peuvent se justifier au nom de l’inculturation de l’Évangile ?
Non, nous ne sommes pas plus sages que Dieu, qui a interdit l’idolâtrie dans l’Ancien Testament, ni plus sages que l’Église, qui a préservé le vrai culte de Dieu à travers les siècles ! Si un tel acte ne nous touche pas au plus profond de nous-mêmes et ne nous pousse pas à la réparation, c’est que nous avons perdu le sens de la foi et, avec lui, l’esprit de discernement. Malheureusement, on n’a rien entendu de tel venant de Rome.
Quel esprit se cache derrière de tels actes ? Ce n’est certainement pas l’Esprit du Seigneur !
Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé qu’il aurait été possible de réparer par des efforts et des sacrifices, entre larmes et lamentations. Ce n’est malheureusement pas le cas. Au contraire, cela s’inscrit dans la lignée de nombreuses autres déviations qui se sont multipliées depuis le pontificat de François. En y regardant de plus près, on ne peut s’empêcher de constater que ce sont les mauvais fruits d’un « autre esprit » (cf. 2 Co 11, 4).
Le cadre de ces méditations quotidiennes ne permet pas d’exposer en détail toutes les anomalies des pontificats qui ont suivi celui du pape Benoît XVI. Toutefois, dans cette série sur l’Antéchrist, il est incontournable d’en mentionner au moins quelques-unes pour constater à quel point l’esprit antichrétien se manifeste déjà. Ceux qui veulent approfondir le sujet peuvent lire mes publications précédentes (https://fr.elijamission.net/blog/, en particulier la série sur les « 5 blessures de l’Église » : https://fr.elijamission.net/blog-post/les-cinq-blessures-de-leglise/) ou consulter d’autres sources qui abordent la crise de l’Église d’un œil critique.
Amoris Laetitia
Le moment décisif qui a révélé la direction que prendrait le pontificat de François, c’est l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia, dans la fameuse note de bas de page n° 351 du huitième chapitre. Quatre cardinaux ont tenté d’engager le dialogue avec le pape pour lui faire remarquer certaines formulations de cette exhortation qui semblaient contredire la ligne suivie jusqu’alors par l’Église, et lui demander des éclaircissements à ce sujet. Malheureusement, ils n’ont pas été écoutés, et les conséquences désastreuses de ce document se sont poursuivies.
On voit actuellement se répandre cette « ouverture pastorale » qui consiste à donner la communion à des personnes vivant une seconde union intime, sans qu’on ait constaté l’invalidité de leur mariage et sans qu’on les exhorte à vivre dans l’abstinence. C’est ainsi qu’apparaît une pratique concernant la réception de la communion qui, sous le couvert de la « miséricorde », porte atteinte à la vérité objective des commandements de Dieu et s’attaque donc au droit de Dieu. Même si, en théorie, rien n’a changé, la pratique, elle, a bien évolué. On a ainsi ouvert la porte à l’erreur et multiplié les sacrilèges qui blessent l’Église.
Cela aurait déjà dû faire sonner l’alarme chez les fidèles, car ces nouvelles règles, adoptées par certaines conférences épiscopales et certains évêques, contredisent clairement la ligne de conduite antérieure de l’Église et ne constituent en aucun cas une illumination particulière du Saint-Esprit ni un développement de l’encyclique Familiaris Consortio du pape Jean-Paul II, comme on essaie de le faire croire.
La Déclaration d’Abou Dabi
En affirmant à tort que Dieu a voulu la diversité des religions, tout comme il a voulu la diversité des races et la différence entre l’homme et la femme, on met sur un pied d’égalité la foi catholique et les autres religions, qui contiennent des erreurs notables. On renverse ainsi le mandat missionnaire du Seigneur pour atteindre une paix illusoire. Or, la vraie paix ne peut exister que sur le fondement de la vérité.
La Déclaration d’Abou Dabi restreint la véritable annonce de l’Évangile, car si l’on accepte ses affirmations, il n’y a plus de raison d’annoncer Jésus comme l’unique Rédempteur. Nous sommes là face à une supercherie évidente qui porte à nouveau atteinte au droit de Dieu, qui a envoyé son Fils unique pour la rédemption des hommes (cf. Jn 3, 16).
Qui se cache derrière tout cela ? Dieu peut-il vraiment vouloir l’islam, qui nie la mort de Jésus sur la croix, autant qu’il veut la foi en son Fils ? À quel point l’esprit du croyant et le sensus fidei (le sens de la foi) se sont-ils obscurcis ?
Dans ce contexte, il faut mentionner une autre grave dérive : le 13 septembre 2024, lors d’une rencontre interreligieuse avec des jeunes à Singapour, le pape François a prononcé des paroles qui, jusqu’alors, étaient impensables de la part du chef de l’Église : toutes les religions seraient des chemins menant vers Dieu et ne constitueraient que des langages différents.
Ne suffit-il pas de cela pour se réveiller et se demander quel esprit a pris les rênes ? Qui tire les ficelles pour qu’un acte d’idolâtrie public ait lieu au Vatican ? Qui a intérêt à violer le sacrement du mariage, et par conséquent la sainte communion et la confession ? Qui est derrière tout cela quand on relativise la mission du Christ de porter l’Évangile à tous les peuples (cf. Mt 28, 19-20) ?
Est-ce que cela peut être l’œuvre du Saint-Esprit ?
NE VOUS INQUIÉTEZ PAS DES IMPERFECTIONS
« Si une motte d’imperfection se colle à ton cœur, ne t’inquiète pas ; rejette-la immédiatement dans le feu de l’amour divin et demande pardon avec un repentir sincère. Continue à vivre en paix » (San Pablo de la Cruz).
Voici un bon conseil spirituel d’une « âme ardente » pour progresser sur le chemin de la sainteté. En effet, il ne faut pas que nous succombions à l’inquiétude et aux préoccupations inutiles lorsque nous découvrons des imperfections en nous-mêmes. Bien sûr, nous ne devons pas non plus les ignorer, et encore moins nous y habituer. Il nous est plutôt conseillé aujourd’hui de gérer nos imperfections avec sagesse. Nous sommes encore en chemin et n’avons pas encore atteint le but. Notre Père n’attend pas de nous que nous soyons parfaits au moment où nous Le rencontrerons, mais Il veut nous guider vers la perfection. Un simple acte de connaissance de soi suffit à nous rendre compte qu’il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre le but. Qui pourrait dire qu’il aime déjà parfaitement ?
Le feu du Saint-Esprit qui a été allumé en nous veut, tout naturellement, que nous devenions aussi purs et parfaits que possible dans cette vie terrestre. En effet, nous sommes appelés à être comme notre divin Maître. Lorsque nous sommes confrontés à nos imperfections, même les plus infimes, nous devons les présenter immédiatement à notre Père, lui demander pardon et laisser le feu de l’amour divin nous purifier, comme nous le dit saint Paul de la Croix. Il s’agit d’un processus que nous devrons répéter encore et encore au cours de notre cheminement spirituel et, à chaque fois, nous expérimenterons l’amour généreux de notre Père céleste. D’ailleurs, notre Seigneur ne manquera aucune occasion de nous aider à avancer sur le chemin de la sainteté, à condition que nous y soyons disposés.
Dans cet échange intérieur d’amour, notre intimité avec Dieu grandit et toute crainte à son égard s’évanouit, sans pour autant que nous relâchions notre vigilance. Restons dans la paix et acceptons avec humilité et gratitude qu’il nous reste encore un long chemin à parcourir.
