Quiconque a les yeux pour voir pourra constater sans aucun doute à quel point un « esprit différent » influence la hiérarchie ecclésiastique, et par conséquent les fidèles qui se fient à ses conseils. Si c’est une bonne chose que les brebis suivent leurs bergers, l’obéissance devient un abus lorsque ceux-ci ne guident plus le troupeau sur le chemin que Dieu leur a tracé. Malheureusement, c’est précisément ce qui se passe sur des points cruciaux.
Une première façon d’opposer une résistance spirituelle — qui n’est en aucun cas dirigée personnellement contre les pasteurs égarés, mais contre les fausses doctrines et les esprits maléfiques qui se cachent derrière — consiste à s’accrocher fermement à la doctrine traditionnelle de l’Église. Cela signifie ne pas accepter ni se laisser influencer par les nouveautés modernistes. Pour cela, il faut rester vigilant, car l’esprit du relativisme n’a pas commencé à se répandre dans l’Église avec le pontificat de François ; il est à l’œuvre depuis des décennies et s’est intensifié après le Concile Vatican II, atteignant un niveau insupportable après le pontificat de Benoît XVI.
Dans la méditation d’hier, on a souligné que l’enseignement moral catholique n’a pas changé et ne changera jamais au cœur de l’Église. Il n’y a que des tentatives pour l’adapter à une mentalité moderniste, dans le but de mieux l’harmoniser avec la réalité politique actuelle, ce qui porte un grave préjudice à l’Église et au monde. Une telle prétention mène à la ruine de l’Église, car elle l’affaiblit de l’intérieur et le sel perd son goût. Et cela mène à la ruine du monde, car celui-ci se retrouve privé de la voix qui le corrige et n’a plus à faire face à l’appel à la conversion lancé par l’Église, puisque, entre-temps, celle-ci parle et agit souvent à la manière du monde.
Jetons un coup d’œil à d’autres questions fondamentales pour la résistance spirituelle :
La mission de l’Église n’a pas changé ! Le mandat d’annoncer l’Évangile à tous les hommes reste d’actualité (cf. Mt 28,19-20), car personne ne pourra être sauvé sans Notre Seigneur Jésus-Christ. « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14,6). Tout dialogue et tout œcuménisme ne seront authentiques que dans la mesure où ils obéissent à ce mandat missionnaire du Seigneur. Le but de la mission ne peut pas être que le musulman devienne un meilleur musulman et l’hindou un meilleur hindou, mais que tous rencontrent le Dieu qui a envoyé son propre Fils dans le monde pour les sauver (cf. Jn 3,16). Personne ne pourra changer cela, ni le Pape, ni un évêque, ni aucune créature !
Celui qui restera ferme là-dessus opposera une résistance active aux puissances de la confusion qui veulent déformer le mandat missionnaire de Jésus à l’Église, pour l’intégrer dans une association religieuse générale et la priver ainsi de son caractère nécessaire au salut.
Dans Éphésiens 6, saint Paul nous décrit l’armure de Dieu (cf. Ep 6,11-18). L’une des « armes d’attaque », c’est l’annonce de l’Évangile, car c’est ainsi qu’on arrache au Malin son pouvoir sur les âmes et qu’on proclame la victoire du Seigneur.
Le chemin de la sainteté n’a pas changé ! Il s’agit avant tout d’accueillir l’amour de Dieu et d’y répondre, d’entrer dans une relation intime avec le Seigneur et de la cultiver. Pour cela, Dieu nous a donné sa Parole, la prière, les sacrements et bien d’autres moyens.
L’amour de Dieu vient en premier, et c’est de lui que jaillit le véritable amour du prochain. C’est essentiel de garder cette hiérarchie à l’esprit. En effet, l’amour de Dieu est aussi le contenu le plus important de l’évangélisation, car il s’agit du salut des âmes, qui attendent la Rédemption et doivent rencontrer l’amour de notre Père. Tous les autres sujets doivent s’y subordonner ! Ce n’est pas l’amélioration du monde qui doit occuper la première place dans l’annonce de l’Église, mais l’amour de Dieu manifesté en Notre Seigneur Jésus-Christ.
« Et je leur ai fait connaître votre nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux, et que je sois moi aussi en eux. », dit le Seigneur (Jn 17,26).
Celui qui, vivant en état de grâce, préserve soigneusement la saine doctrine et l’enseignement moral de l’Église, sert le mandat missionnaire tel que Jésus l’a confié aux apôtres et aspire à la sainteté, est déjà équipé d’une armure solide pour résister aux forces antichrétiennes et ne pas se laisser aveugler.
À cela s’ajoutent certaines prières qu’il ne faut pas négliger et qui seront d’une grande aide : parmi elles, la Liturgie des Heures et la participation à la Sainte Messe dans la mesure du possible, la confession régulière, la récitation quotidienne du Saint Rosaire, la prière à saint Michel Archange, la pratique de la prière du cœur, la lecture des Saintes Écritures et d’autres ouvrages spirituels utiles, l’écoute de sermons, de conférences et de retraites, la pratique des œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles, etc.
Nous disposons donc de tous les moyens nécessaires pour cultiver notre foi et nous affermir dans le Christ. C’est là notre part de travail pour coopérer à la grâce et à la protection que Dieu nous accorde.
Dans les deux dernières méditations de cette série, nous aborderons plus en détail le combat spirituel que nous devons tous mener, puis nous partagerons quelques réflexions conclusives sur le thème de l’influence antichrétienne.
