En ce qui concerne l’aveuglement, nous avons souligné qu’il s’agit là d’un état tout à fait dangereux, qui peut également nous rendre vulnérables aux tromperies qui se produisent dans le monde et au sein de l’Église. Avant d’aborder ce sujet plus en détail demain, je voudrais d’abord expliquer quelles autres circonstances peuvent conduire à l’aveuglement.
Il faut garder à l’esprit qu’une certaine cécité en matière de connaissance de soi est également due, en partie, à des blessures psychologiques. Si, par exemple, au cours de son éducation, une personne a été réprimandée de manière disproportionnée par son père pour chaque erreur ou a subi des châtiments corporels excessifs, elle aura plus de mal à reconnaître Dieu comme un Père aimant, à Qui elle peut s’ouvrir sans réserve pour Lui confesser ses erreurs et ses péchés. Il faut alors emprunter un chemin de guérison intérieure, car les blessures non surmontées peuvent susciter, dans l’inconscient, une résistance à l’idée de Dieu en tant que Père bienveillant. Cette connaissance, si essentielle, de Dieu se heurte à des expériences qui n’ont pas encore été suffisamment surmontées.
Il n’est pas exclu que, chez certaines personnes, des expériences négatives rendent même l’accès à la foi chrétienne dans son ensemble plus difficile et qu’elles se tournent, dans certaines circonstances, plus facilement vers d’autres systèmes religieux. Or, la reconnaissance de Notre Père aimant et une relation de confiance avec Lui sont extrêmement importantes pour pouvoir nous détacher de nos penchants négatifs, des ténèbres du cœur et de toute forme d’attachement à soi‑même, et les présenter ouvertement devant Dieu. Il est également important de surmonter les blocages causés par des blessures non guéries.
Pour cela, il est utile de présenter avec persévérance nos blessures à Dieu dans la prière, en implorant l’aide du Saint‑Esprit. Se plonger dans l’amour du Christ et accueillir la présence silencieuse devant le Saint‑Sacrement, qui réchauffe l’âme comme un soleil, peut apaiser ces blessures et même les guérir complètement avec le temps. Lorsque cela se produit, les barrières, parfois inconscientes, sont levées, ce qui facilite un accès libre et ouvert à Dieu. Cela facilite également le chemin consistant à confier à Dieu nos propres péchés et fautes, et nous nous éveillons davantage à la réalité de l’existence. Il est important ici de souligner que, peut‑être, par notre raison et par la foi, nous avons déjà reconnu qu’un Père aimant veille sur nous et que nous pouvons nous confier à Lui sans hésitation. Cependant, une résistance non encore surmontée peut surgir du plus profond de nous‑mêmes. Il faut laisser la lumière de Dieu toucher cette obscurité.
Il est possible que nous percevions déjà vaguement cette résistance à Dieu, mais que tout reste encore « comme dans le brouillard ». Or, cela continue de créer en nous un blocage qui nous empêche de nous abandonner à une relation authentique d’amour et de confiance envers Notre Père !
Là encore, le Saint‑Esprit est la clé. C’est à Lui que nous confions nos profondeurs inconscientes, d’où peut naître cette résistance — qu’elle soit encore conditionnée par des blessures ou simplement parce que nous refusons intérieurement de nous voir tels que Dieu nous voit, et que nous nous sommes installés dans nos propres représentations illusoires de nous‑mêmes.
Il est clair que cela exige une décision de notre part. Avec notre volonté et l’aide de Dieu, nous devons vouloir éliminer tout ce qui fait obstacle à une relation éveillée et réaliste avec Notre Père. Même au milieu de notre aveuglement, nous pouvons implorer le Seigneur de nous ouvrir les yeux — ne serait‑ce que parce que le psalmiste dit : « Qui connaît ses égarements ? Pardonne-moi ceux que j’ignore ! » (Ps 19,13).
Si nous prions sincèrement le Saint‑Esprit, Il répondra à notre appel et, selon nos capacités, Il nous fera sortir en douceur de notre captivité intérieure et laissera pénétrer en nous les paroles de vie, pour autant que nous Le voulions et que nous Le permettions.
Je suis conscient d’aborder ici un domaine qui est globalement moins connu, mais qui peut s’avérer important en ce qui concerne la guérison et la libération de l’être humain. J’ai appelé ce processus « évangélisation en profondeur » et j’aimerais l’approfondir une autre fois. Si je n’en parle que brièvement aujourd’hui, c’est parce qu’il s’agit d’un élément susceptible d’influencer négativement l’aveuglement.
Lorsque, par la grâce de Dieu dans le Saint‑Esprit, nous sommes délivrés d’une illusion, même si celle‑ci ne se manifeste que partiellement et peut s’avérer particulièrement prégnante dans certains domaines, nous devenons alors très vigilants face aux tromperies de toute sorte venant de l’extérieur. Dans le Saint‑Esprit, nous sommes mieux à même de reconnaître tout écart par rapport à la vérité, toute relativisation, car Il nous a ouvert les yeux. Nous recevons des yeux pour mieux voir et des oreilles pour mieux entendre. Ainsi, nous identifierons plus facilement les tromperies, les dissimulations et les idées illusoires de toutes sortes. Ainsi, surmonter l’aveuglement devient également un instrument important pour discerner les esprits. Quelques exemples présentés dans les discours suivants nous montreront à quel point cela est important.
Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/lamour-de-dieu-nous-courtise/
Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/la-croissance-de-la-foi-2/
