Sainte impératrice Pulchérie – Une seconde Hélène (19 janvier 399 – 453, à Constantinople)

 

Le Seigneur est capable de réveiller les siens et de les conduire à une grande sainteté. Cela ne signifie pas toujours entrer au monastère ou le servir dans un ermitage. Cela peut même se produire à la cour impériale, où règnent souvent le faste et l’opulence. Pourtant, on trouve sans cesse des exemples remarquables de personnes qui, malgré tout le luxe qui les entoure et toutes les tentations que le pouvoir peut exercer sur l’homme, deviennent un modèle éclatant pour beaucoup, échappent à l’attrait d’une vie de cour souvent vaine et creuse, et se mettent au contraire humblement au service du Seigneur.

L’impératrice Pulchérie d’Orient fut l’une de ces personnalités exceptionnelles, que saint Cyrille, évêque, qualifiait, selon les récits, de « l’épouse la plus chaste du Christ, la parure du monde, l’ornement de l’Église » ; et que les Pères du concile de Chalcédoine qualifiaient de « gardienne de la foi, fondatrice de la paix, combattante des hérétiques, nouvelle Hélène ».

Elle était la fille de l’empereur Arcadius. À peine âgée de neuf ans, elle était déjà orpheline. Mais Dieu, qui voulait faire d’elle l’instrument de Ses saints desseins, attira miséricordieusement son cœur vers Lui et lui accorda dès son plus jeune âge le don de la sagesse, l’amour de la prière et de la solitude, ainsi qu’un courage viril. Comme une mère pieuse, elle apprit à son petit frère Théodose, qui devait devenir empereur, à prier ; elle lui enseigna la sainte religion catholique, l’emmenait assidûment à l’église et lui transmit tout ce qui pouvait faire de lui un prince pieux. De même, elle joua le rôle de mère et de père auprès de ses deux petites sœurs. Elle aimait tant le divin Sauveur Jésus qu’elle Lui fit le vœu de rester toujours vierge et incita également ses deux sœurs à faire de même.

À l’âge de quinze ans, elle fut élevée, avec son frère Théodose, à la dignité de souveraine de l’Empire et dut dès lors gouverner le pays au nom de celui-ci. Bien qu’elle fût désormais impératrice, toujours occupée aux affaires les plus importantes de l’Empire, universellement admirée et louée pour sa sagesse, elle resta néanmoins humble et modeste. Lorsqu’elle prenait une décision importante, elle le faisait toujours au nom de son frère, afin que celui-ci en retirât l’honneur, tandis qu’elle-même restait dans l’anonymat. Le palais impérial, autrefois théâtre de fastueuses festivités, ressemblait sous sa direction à un monastère, régi par une discipline et un ordre rigoureux. Aucun homme n’était autorisé à pénétrer dans ses appartements ni dans ceux de ses sœurs. Elle ne voyait ni ne s’adressait aux hommes qu’en public. Lorsque les affaires d’État ne l’en empêchaient pas, elle priait, lisait ou s’adonnait à des travaux manuels avec ses sœurs. Elle mortifiait également son corps par le jeûne et les veillées nocturnes, et renonçait avec joie aux plaisirs de la cour. Lorsqu’elle devait donner un ordre ou accomplir une tâche importante, elle implorait d’abord Dieu de lui accorder la sagesse, demandait ensuite conseil à des hommes sages, et ce n’est qu’alors qu’elle passait à l’action.

Bien qu’elle fût une jeune fille fragile, elle gouverna néanmoins ce vaste empire avec tant de sagesse et de force que ses sujets n’avaient jamais été aussi satisfaits et heureux, et que le nom romain n’avait jamais été aussi redouté et honoré par les peuples étrangers que sous son règne. Elle était véritablement un joyau du monde.

Mais les épreuves et les attaques contre sa personne ne tardèrent pas à se manifester. La situation changea lorsque son frère se maria. Son épouse, qui embrassa la foi chrétienne et reçut le nom d’Eudoxie, tomba sous l’influence de cercles qui la montèrent contre Pulchérie. Lorsqu’elle devint Auguste aux côtés de Théodose, son influence s’accrut et elle favorisa la propagation de l’hérésie monophysite. Pulchérie fut par la suite écartée de la cour. Elle, qui aspirait depuis longtemps au repos et à la solitude, et qui aimait la paix par-dessus tout, se retira dans un domaine où, loin du monde, elle se consacra à la prière, à la lecture et à la méditation des Saintes Écritures, et vécut en union intime avec Dieu.

Mais elle dut assister à la confusion croissante qui s’emparait de tout l’Empire, autrefois si bien ordonné. Ce fut le saint pape Léon qui l’exhorta à défendre la cause de Dieu et de l’Église. Pulchérie demanda alors à s’entretenir avec son frère l’empereur et lui ouvrit les yeux sur la manière dont il avait été trompé et conduit au bord du précipice. Il l’écouta et fit bannir puis exécuter le conseiller de son épouse.

Peu de temps après, l’empereur mourut et Eudoxie se retira en Terre Sainte, où elle vécut dans la pénitence et mourut.

Pulchérie devint alors seule impératrice de l’Empire d’Orient. Les grands de l’Empire la pressèrent de se marier. Elle trouva en Marcien un homme prêt à vivre avec elle un mariage à la manière de Joseph, de sorte qu’elle ne fut pas contrainte de renoncer au vœu qu’elle avait fait dès son enfance.

Tous deux n’avaient d’autre but que de rendre leurs sujets heureux, de promouvoir la religion et la piété partout dans l’Empire, de mener une vie sainte et de mourir dans la béatitude.

Lorsqu’ils virent le terrible mal que l’hérésie causait dans le pays et semait la confusion dans toute l’Église, ils acceptèrent avec joie la proposition du pape de convoquer un concile général. Celui-ci se réunit dans la ville de Chalcédoine, en l’an 451. Quatre émissaires du pape et deux cent cinquante évêques y étaient présents ; l’empereur Marcien assista également à plusieurs séances, et l’hérésie, qui s’opposait à la divinité du Christ et à Sa sainte Incarnation, fut condamnée à l’unanimité. Sainte Pulchérie et son époux furent universellement loués et glorifiés en tant que défenseurs de la sainte foi, et ils s’efforcèrent également de faire respecter partout les décisions du concile.

Ainsi, l’impératrice parvint enfin à rétablir la paix dans l’Empire et à satisfaire le désir profond de son cœur d’accomplir de nombreuses bonnes œuvres. Elle fit construire des églises, fonda des hôpitaux et les dota généreusement. Elle rendait elle‑même visite aux pauvres et venait en aide à leurs détresses.

Elle s’éteignit à l’âge de cinquante‑quatre ans et légua aux pauvres tous ses biens dont elle pouvait disposer librement. Dieu avait offert au monde et à l’Église une seconde Hélène !

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/la-maniere-de-dieu/

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