« ENVELOPPÉS PAR L’AMOUR DE L’ÉTERNEL »

« Je suis l’Éternel et j’ai le temps entre mes mains. » (Parole intérieure)

Cette certitude vise à nous insuffler paix et sérénité. Il est particulièrement important de s’y accrocher en ces temps troublés, où le monde et l’Église dérivent tels un grand navire sur le vaste océan. Le gouvernail semble bloqué. De plus, on ne peut ignorer les fissures par lesquelles l’eau s’infiltre dans celui-ci. Nulle part on ne voit poindre un capitaine humain capable de gérer cette situation d’urgence.

C’est pourquoi les paroles du psaume prennent aujourd’hui encore plus d’importance : « Ne placez pas votre confiance dans les princes, ces êtres de poussière qui ne peuvent vous sauver. » (Ps 145, 3)

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Une vraie conversion

Même si les Augustins célèbrent eux aussi la fête de la conversion de saint Augustin, cette fête est une bonne occasion de se remémorer l’émouvante conversion du saint. On ne se lasse pas de la relire, tout comme la conversion de saint Paul. C’est pourquoi nous lui laissons aujourd’hui la parole.

Saint Augustin a dû parcourir un long chemin semé d’embûches. Une chose particulièrement difficile pour lui a été de vaincre les appétits de la chair. Nous allons maintenant écouter un passage du huitième livre des Confessions d’Augustin, qui nous donne un aperçu émouvant du moment décisif de sa conversion :

Elles me retenaient, ces bagatelles de bagatelles, ces vanités de vanités , mes vieilles amies! A petits coups elles me tiraient par ma robe de chair, et murmuraient à mi-voix: « Tu nous congédies ? » et « dès ce moment nous ne serons plus avec toi, plus jamais ! » et « dès ce moment ne te sera plus permis ceci et cela, plus jamais ! ». Oh! ce qu’elles suggéraient, quand je dis « ceci et cela »! ce qu’elles suggéraient, mon Dieu! Que ta miséricorde l’écarte de l’âme de ton serviteur! Quelles ordures elles suggéraient! quelles ignominies!

Elles me retardaient cependant : j’hésitais à me détacher, à me débarrasser d’elles, à bondir où j’étais appelé, tandis que l’habitude me disait, tyrannique: « Crois-tu que tu pourras faire sans elles ?

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