Notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Vous. 

Avant de poursuivre, en cette période de Pâques, notre réflexion sur l’Église afin de mieux saisir sa beauté et la mission que le Seigneur lui a confiée, permettez-moi de jeter un bref regard sur notre communauté Agnus Dei, fondée le 24 avril 1980. Certes, chaque date — puisque chaque jour est un don de Dieu — possède sa propre histoire précieuse. Il convient donc de découvrir ce qui s’est passé lors de ces jours qui se distinguent particulièrement dans la vie. La communauté Agnus Dei étant une communauté spirituelle de catholiques, voyons d’abord quelle fête est célébrée ce jour-là dans l’Église.

Il ne fait aucun doute que saint Augustin a contribué à la création de la communauté à différents niveaux, c’est pourquoi nous lui rendons aujourd’hui un hommage particulier. L’Ordre des Augustins célèbre en effet le 24 avril la fête de la conversion de saint Augustin. Nous savons tout ce qui a découlé de sa conversion, qu’il devait également à l’intercession de sa mère, sainte Monique. Son influence sur l’Église, mais aussi sur les personnes en quête spirituelle, est inestimable. Cela demeure vrai aujourd’hui.

C’est pourquoi, ce jour-là, nous avons souvent lu avec une grande gratitude des extraits de l’histoire de sa conversion, car certains d’entre nous ont eux aussi vécu un revirement, passant d’une « vie perdue » à la suite du Christ. D’autres, qui ont davantage grandi dans la foi, ont connu un profond approfondissement de celle-ci, qui les a rendus capables d’un tel chemin de suite, tel qu’il est vécu dans notre communauté Agnus Dei par la grâce de Dieu.

Saint Augustin était un chercheur qui s’était certes égaré sur les plans spirituel et moral. Son cœur aspirait cependant sincèrement à Dieu. Dans ses Confessions, il décrit sa conversion, qui a abouti à une expérience décisive. Voici un extrait de ce livre qui nous décrit son combat :

« Quand, du fond le plus intérieur, ma pensée eut retiré et amassé toute ma misère devant les yeux de mon cœur, il s’y éleva un affreux orage, chargé d’une pluie de larmes.

Et pour les répandre avec tous mes soupirs, je me levai, je m’éloignai d’Alypius. La solitude allait me donner la liberté de mes pleurs. Et je me retirai assez loin pour n’être pas importuné, même d’une si chère présence.

Tel était mon état, et il s’en aperçut, car je ne sais quelle parole m’était échappée où vibrait un son de voix gros de larmes. Et je m’étais levé. Il demeura à la place où nous nous étions assis, dans une profonde stupeur. Et moi j’allai m’étendre, je ne sais comment, sous un figuier, et je lâchai les rênes à mes larmes, et les sources de mes yeux ruisselèrent, comme le sang d’un sacrifice agréable. Et je vous parlai, non pas en ces termes, mais en ce sens : « Eh ! jusques à quand, Seigneur (Ps. VI, 4) ? jusques à quand, Seigneur, serez-vous irrité ? Ne gardez pas souvenir de mes iniquités passées (Ps. LXXXIII, 5, 8). » Car je sentais qu’elles me retenaient encore. Et je m’écriais en sanglots : Jusques à quand ? jusques à quand ? Demain ? …demain ? …Pourquoi pas à l’instant ; pourquoi pas sur l’heure en finir avec ma honte ?

Je disais et je pleurais dans toute l’amertume d’un cœur brisé. Et tout à coup j’entends sortir d’une maison voisine comme une voix d’enfant ou de jeune fille qui chantait et répétait souvent : « PRENDS, LIS ! PRENDS, LIS ! » Et aussitôt, changeant de visage, je cherchai sérieusement à me rappeler si c’était un refrain en usage dans quelque jeu d’enfant ; et rien de tel ne me revint à la mémoire. Je réprimai l’essor de mes larmes, et je me levai, et ne vis plus là qu’un ordre divin d’ouvrir le livre de l’Apôtre, et de lire le premier chapitre venu. Je savais qu’Antoine, survenant, un jour, à la lecture de l’Evangile, avait saisi, comme adressées à lui-même, ces paroles : « Va, vends-ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; viens, suis-moi (Matth. XIX, 21) ; » et qu’un tel oracle l’avait aussitôt converti à vous.

Je revins vite à la place où Alypius était assis ; car, en me levant, j’y avais laissé le livre de l’Apôtre. Je le pris, l’ouvris, et lus en silence le premier chapitre où se jetèrent mes yeux : « Ne vivez pas dans les festins, dans les débauches, ni dans les voluptés impudiques, ni en conteste, ni en jalousie ; mais revêtez-vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ne cherchez pas à flatter votre chair dans ses désirs. » Je ne voulus pas, je n’eus pas besoin d’en lire davantage. Ces ligues à peine achevées ; il se répandit dans mon cœur comme une lumière de sécurité qui dissipa les ténèbres de mon incertitude. » (Livre VIII, chapitre XII)

« Notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Vous. » est l’une des paroles merveilleuses que saint Augustin nous a laissées. Il avait trouvé la paix du cœur, et dès cet instant il marcha avec le Seigneur, sans hésitation et avec une grande ferveur.

Pour nous, qui cherchons également à suivre Jésus, il demeure un ami et un compagnon de route. Nous le remercions d’avoir répondu à l’appel du Seigneur ; et nous remercions le Seigneur d’avoir donné à son Église un tel saint !

Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/fidelite-au-seigneur-et-a-son-eglise/

Méditation sur l’Évangile du jour : https://fr.elijamission.net/personne-ne-les-arrachera-de-ma-main/

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