Restez fidèles à la Tradition

1 Co 15, 1-10

Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; à moins que vous n’ayez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’ai appris moi-même, que le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; qu’il a été enseveli et qu’il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures ; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants, et quelques-uns se sont endormis. Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton. Car je suis le moindre des Apôtres, moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine ; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi pourtant, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. 

L’apôtre nous rappelle à quel point il est important de rester fidèles à l’enseignement traditionnel. Il ne s’agit pas d’une rigidité immuable, comme le pensent certains partisans des interprétations modernistes, qui considèrent les textes comme conditionnés par leur époque. Le danger est évident : si nous ne partons plus du principe que Dieu nous a communiqué la vérité, qui peut être comprise plus profondément mais non modifiée, nous nous engageons alors sur la voie du relativisme. Nous risquons de ne plus comprendre ni interpréter notre réalité actuelle à la lumière de la Parole de Dieu, mais de vouloir projeter sur l’Évangile une vision déterminée par notre époque. Cela a toutefois des conséquences désastreuses, comme nous pouvons le constater dans la situation actuelle de l’Église.

Nous vivons de la tradition que nous actualisons à notre époque, et nous apprenons ainsi à l’exprimer toujours mieux, grâce à l’inspiration du Saint-Esprit, afin de transmettre le message de l’Évangile à nos contemporains. Mais seul l’Évangile authentique porte les fruits que Dieu a prévus. Même de petits changements qui contredisent l’esprit de l’Évangile mettent déjà la foi en danger. Ce n’est pas sans raison qu’il nous est dit qu’aucun iota de la Loi ne doit être modifié, et l’Apocalypse de Jean nous rappelle ce qui suit : « Je déclare aussi à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre que, si quelqu’un y ajoute, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et que, si quelqu’un retranche des paroles de ce livre prophétique, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, qui sont décrits dans ce livre. » (Ap 22, 18-19)

Il convient de souligner à cet égard que le diable cite lui-même les Écritures dans le récit de la tentation pour inciter Jésus à commettre des actes qui s’opposeraient à Dieu. C’est pourquoi une grande vigilance s’impose.

Si une fausse lumière s’introduisait en nous, c’est-à-dire une erreur ou même simplement la voie menant à une erreur, une première forme d’aveuglement s’installerait déjà, car la lumière surnaturelle de la vérité de Dieu ne pénétrerait plus librement dans l’âme, et l’esprit s’assombrirait partiellement. On comprend ainsi bien, comme le dit une autre traduction, pourquoi l’apôtre insiste sur le fait qu’il faut s’en tenir au texte qu’il leur a annoncé (cf. 1 Co 15, 2).

L’apôtre résume ensuite une nouvelle fois les points essentiels de la proclamation de l’Évangile, puis parle de lui-même. Paul n’a jamais oublié qu’il avait persécuté l’Église de Dieu et que la rencontre avec le Christ était une grâce imméritée. Cela est devenu pour lui un rappel salutaire qui l’a manifestement poussé à en faire davantage que les autres, ajoutant lui-même que c’est la grâce de Dieu qui a agi si abondamment en lui.

Cela peut être une source de réconfort et d’encouragement, en particulier pour ceux d’entre nous qui, avant leur conversion, ont agi contre Dieu ou se sont montrés indifférents. Dieu a pardonné à Paul et l’a appelé à son service. L’apôtre des nations a répondu par toute son existence. La faute lui a été pardonnée, et le souvenir de celle-ci ne l’a pas paralysé, comme en témoigne sa vie. Cela l’a peut-être même incité à accélérer sans cesse les pas nécessaires pour se confier à la volonté de Dieu.

Pour ce 11ᵉ dimanche après la Pentecôte, retenons ceci : restons fidèles à notre foi catholique sans tomber dans une rigidité immuable. Confions-nous à la grâce et à la miséricorde de Dieu afin qu’une vie autrefois éloignée de lui se transforme, par sa grâce, en une vie féconde à la suite du Seigneur. L’apôtre bien-aimé en est un exemple merveilleux.

Méditation sur la lecture du jour : https://fr.elijamission.net/lettre-aux-romains-rm-91-5-la-ferveur-de-paul-pour-le-peuple-disrael/

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